Cette première semaine à Trebizond fut des plus... étonnantes. Après m'être lié d'amitié avec Nour, un sculpteur de génie, j'ai découvert quelle saveur a le sang.
(Note pour l'avenir: une raison de plus, bonne celle-ci, pour ne pas entrer dans le métier des armes).
Oui, j'ai tué mon premier homme dans cette ville, pourtant dédiée aux arts. Nour a été la victime d'une agression, dont nous nous sommes sortis grâce à certain Tayeb - bretteur, poète, philosophe et... porté sur l'alcool. Je ne pouvais décemment pas laisser mon camarade dans cette panade. Ainsi donc nous avons embauché cet étrange personnage, nomade d'âme, de coeur et de corps, à fin de protéger le sculpteur, pendant que je dressais une liste de suspects.
(Note pour le présent: les apparences sont plus trompeuses à Trebizond qu'à Razgrad!)
Parmi eux, Tarkann, le fils du maître de sculpture de Nour, plus porté sur le cimeterre que l'art. Nous avons trouvé un mot "de sa main" sur l'un des agresseurs. Cette visite, en compagnie de mes deux frères de galère, a mal tourné. Tayeb n'est pas du genre à se laisser insulter, ni marcher sur les pieds. Je me suis interposé dès lors que les lames ont pris la place des poings. Second suspect, Hassan, un jeune homme avec suffisamment d'ego pour douze! Or, sitôt qu'il a su pour les tentatives d'assassinant, il s'est précipité (sans perdre de son arrogance) pour embaucher des gardes! Ce qui, d'emblée et ajouté à ses commentaires très sincères, le disculpait.
(Note concernant le passé: tant que j'y pense, éviter à nouveau de s'interposer entre Nour, des flèches et des coups de couteau... enfin... si possible...)
Notre dernier "suspect" appartient à ce peuple mystique, plus tourné vers les étoiles qu'aucun autre dans l'empire. Gagnant du dernier concours, cette année il ne participait pas. Sur la base de ma naissance et du nom de Nour et Tayeb, il a interrogé les astres... et m'a fait comprendre que le sculpteur était hors de danger à cette heure. Le commanditaire serait "une vipère lointaine"...

Je lui ai bien fais comprendre que j'étais son débiteur, rien que pour cela. Je lui dois bien!
(Note pour l'immédiat: j'aime les augures. Mais je préfère un coupable dont on peut disposer pour un interrogatoire.)
Bref, un séjour qui commence sous de bonnes auspices. Des premiers contacts pas forcément désagréables, une chanteuse divine, donc inacessible (mais y a-t-il de mérite à vaincre de simples obstacles?) et un herboriste mystique et fort sympathique... ne me reste plus qu'à me bâtir une clientèle.
Pour cela peut-être devrais-je défendre gratuitement des gens du peuple, pour commencer? Ainsi j'étalerais devant tous mes talents...
(Note: et si mon oncle, en plus des cours de cathayan, pouvait m'aider... à méditer !)