Un air d'opéra italien couvre les discussions des clients du café...
Mister T avance vers une table vide accolée à la vitrine l'air de rien...
déjà ses cyberoptiques s'affairent et scannent l'ensemble de la faune huppée du café...
Quelques corpos attablés entre collégues après une longue journée au bureau...
Dans le fond, une dizaine de poser-gangs tous identiques tels de parfaits jumeaux de Lucky Luciano en smoking sombres discutent bruyamment dans un dialecte italien inconnu...
Mister T s'adresse mentalement à ses compagnons:
"_ faut vraiment être un fugazi pour se faire retailler le visage pour être la copie conforme de son pote ?!? vous voyez les posers au fond?"La voix d'Ido résonne dans la tête de Mister en T en échos:
"_ Affirmatif, on reçoit tout ce que tu vois sur nos moniteurs..."
Kali:
"_ Méfie toi de ces cintrés au cas ou cela tournerait mal..."
Long:
"_ Ils ont l'air d'être fan du port de la cicatrice... et notre petite déesse de la destruction à l'air inspirée.."
Ido:
"_ Je lance une recherche sur le fichier de l'Anti-gang pour voir ce que l'on a sur eux..."
Mister T:
"_ Groovy...si Damballa, esprit de la connaissance pouvait m'aider à comprendre leur charabia..."
Ido:
"_ Damballa, je ne sais pas. Mais Je peux te télécharger un module de traduction d'Italien, si tu veux..."
Mister T:
"_ Vas-y IDo...mais fais gaffe, j'aime pas quand tu joues avec ma neuromatière grise..."Mister T s'assied...
à peine commence-t-il à regarder l'antique menu sur support papier jauni par les tâches de café...
Que le charabia ambiant devient intelligible...
Les sons deviennent des syllabes qui forment elles-mêmes des mots et des phrases...
Mister T est rassuré de voir qu'il n'est pas le sujet des conversation...
Un garçon de café habillé à l'ancienne ne laissant apparaître que des cyber-interfaces au niveau des poignets et des tempes vient prendre la commande...
En face à la data-cab, rares sont les passants à venir téléphoner... deux personnes en panne de cell-phone viennent passer un coup de fil...
le temps passe...
Lorsque Mister T commande son quatrième Chianti la data-cab publique se met enfin à sonner...
Cinq longues sonneries et la porte du hall de l'immeuble attenant s'ouvre...
Un homme au cheveux gominés sort dans la rue et va décrocher...complet noir de marque...lunettes noires...
Une soudaine averse le force à s'enfoncer un peu plus dans son par-dessus en synthé-alpaga et lui extirpe un "va fanculo"...
Une voix féminine entame la discussion et résonne dans la tête des PJs...
"_ Dino,c'est toi?"Le dandy répond sans hésiter:
"_ Non, c'est une erreur..."Et raccroche fermement de sa main gantée le combiné avant de s'engouffrer dans une ruelle à quelques mètres de la data-cab...
Ido:
"_ Long regardes où cela mène cette ruelle !!!"L'esprit de Long s'active déjà...
une vue aérienne de synthèse apparaît dans un coin du champ de vision des Pjs...
Un marqueur clignotant à l'emplacement de la ruelle...
Kali:
"_ Mister T t'attends quoi? de prendre racine? Bouges-toi et colle-lui aux basques !!! Je veux coincer le salaud qui à fait morfler ces filles!!!"
Mister T:
"_ T'inquiéte pas 'tite soeur...je suis un vrai chien de la casse quand je m'accroche à un pare-chocs..."
Long:
"_ regardez, la ruelle débouche de l'autre côté... je vais dire à l'I.A. d'y conduire le soum'..."Le petit utilitaire s'agite et semble reprendre vie...
quitte lui-même son emplacement et se rend vers sa destination...
en silence propulsé par son moteur éléctrique supra-conducteur...
Mister T quitte la chaleur du café pour traverser d'un pas rapide la rue noyée sous les trombes de pluies acides...
Il bascule d'une pensée ses cyber-optiques en mode amplification de lumière...
Le dandy est planté en plein milieu de la ruelle en compagnie d'une femme...leurs mains échangent des objets...dans la pénombre...
Mister T n'a pas besoin de faire d'effort pour que son interface visuelle effectue un zoom X20...
une liasse d'euro-bucks atterrit dans la poche de l'inconnu et la femme referme avidement sa main sur des capsules...
Tel un cyber-félin en chasse, Mister T d'instinct se blottit contre un gros container à ordures nauséabond...un genou à terre
La main sur son petit automatique extra-plat dissimulé dans son holster de cheville...prêt à jaillir sur ces rats d'un nouveaux genre qui gangrènent Night-City...