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Les agents se retrouvèrent sur une barge à une centaine de kilomètres des côtes mexicaines, en plein golfe de Mexico. Dans un chaos ambiant, tous les agents d'Humanydyne, y compris John Nada anxieux sur sa frégate aux armes des autorités locales, scrutaient les différents débris flottant à la surface de l'eau. Vu l'étendue des débris du vol 730 en provenance de Trinidad, il y avait peu de chance de retrouver des survivants. Dans un vacarme assourdissant composé des bruits des hélicoptères, des cris des plongeurs et sous le regard méfiant des autorités mexicaines, l'énorme armure métallique d'Orlando Flood émergea de l'eau. Entre deux vagues, il réussit à isser son corps massif sur la barge des joueurs à l'aide d'une échelle métallique. Ceux-ci ne purent réprimer un air de surprise quand à travers le hublot du scaphandre, le visage liquide d'Orlando Flood leur fit un clin d'oeil. Puis il s'exprima avec sa si particulière voix mécanique :
« Ca va être difficile de trouver quoi que ce soit dans ce bouillon. Il doit y avoir des morceaux de carlingue et de cadavres sur plus de 200 kilomètres carré. Le zingue à dû exploser à moins de 1000 pieds... Autant dire que pour votre témoin, c'est râpé. Mais je ne vous apprends rien »Face aux directives pressantes des trois agents, Orlando Flood regagna les fonds marins avec comme directives de retrouver les boîtes noires et toutes traces pouvant incriminer le capitaine Aurore dans cet attentat. La déclaration officielle actuelle était que le vol 730 avait eu une avarie machine dramatique provoquant la mort de tous les passagers à son bord ainsi que le personnel. Pour nos trois agents, la responsabilité du Pentagramme dans cet « accident » était évidente. Mais sans preuve, autant
coger un chispa (prendre une cuite).
Alors que les agents se résignaient à regagner San Sepulcro, des cris de plongeurs non loin d'eux attirèrent leur attention.
« Des secours ! Vite ! Il y a quelqu'un de vivant en dessous ! »Après plusieurs minutes de travail, les secours parvinrent à extraire un morceau de l'appareil à l'aide d'une grue : Il s'agit d'un bloc-siège solidement vissé à un épais morceau de sol métallique. Sur un des deux fauteuils est attaché par sa ceinture de sécurité un passager d'un soixantaine d'année, à la fine moustache grise et au costume bleu trempé et salement amoché.

Axxel, Coro et Jakez approchèrent de la barge où la grue posa avec le plus de ménagement possible l'unique survivant du crash du 730. Il était vivant certes. Mais surtout il n'avait aucune blessure apparente et ne semblait que peu avoir apprécié le fait d'avoir été remonté comme un vulgaire poisson. Deux techniciens s'acharnaient sur le mécanisme de déverrouillage de la ceinture tout en subissant les invectives du dandy anglais. Ce dernier congédia rapidement le médecin venu s'assurer de sa santé et se leva dignement de son siège déjà couvert d'algues tout en essayant de réajuster son costume en charpie.
Il s'adressa à la première personne lui faisant face et c'est Axxel qui tira le gros lot :
« Où puis-je porter plainte contre cette compagnie aérienne pitoyable, je vous pris ?!? »L'individu se présenta ensuite sous le nom de Maxwell Steele, plus connu sous le nom de Judge Steele. Une rapide recherche sur le fichier post-humains d'Humanydyne pendant que le juge continuait à se plaindre du traitement qui lui avait été ingligé permis de mieux cerner sa personnalité. Judge Steele est un post-humain célèbre à Londres dans les années 1970. Doté d'un organisme qualifié d'indestructible, il possède la seule et unique capacité de résister à toutes les agressions extérieures. Ni les balles, ni la noyade, ni les coupures, ni le poison, ni même un crash d'avion ne peuvent avoir raison de ce corps hors du commun.
Dès que les agents présentèrent leur badge d'Humanydyne, Maxwell Steede maudit la dégradation de cette société moderne et s'en prit directement aux agents :
« Pendant que vous faisiez je-ne-sais-quoi dans votre repaire de fonctionnaire, un de ces ignobles individus dépourvus de toute morale a transformé MON avion en sous-marin ! »Les agents avaient enfin une piste... mieux même un témoin et il ne se fit pas prier pour raconter ce qu'un de ces dégénérés de super-héros avait oser faire.
« Nous allions atteindre le Mexique lorsqu'il a traversé la carlingue en volant, comme un missile. Il y a une violente dépressurisation et plusieurs passagers ont été aspirés par l'ouverture. Mais voyant que cela ne suffisait pas, il a fait deux autres passages : le premier a dû transpercer le cockpit, le dernier a fait sauter le réacteur droit qui a explosé en disloquant ce qui restait de l'appareil. J'ai ouvert les yeux quelques secondes plus tard au fond de l'eau, aux prises avec cette maudite ceinture. Tout est allé particulièrement vite mais j'ai bien aperçu ce terroriste par le hublot lorsqu'il faisait ses manœuvres au-dessus de l'aile droite. Il portait une sorte de grosse armure verte, équipée de réacteur dorsaux. »Quelques recherches dans le fichiers des post-humains criminels et portant ce type d'armure et Axxel fut à même de sortir un suspect plus que plausible : Pedro Almedezar alias Torpedo Verde.

Ce dernier était membre d'un groupe de criminels de San Sepulcro démentelé en 1993 :
Los Muchachos del Infierno. Condamné aux Terres Négatives comme ses partenaires, il parvint à échapper à sa peine grâce à son témoignage à charge lors de son procès retentissant. Clairement on appelle ça une balance. Après dix années de prison dans le pénitencier d'Isla Cedros, comme un condamné ordinaire, il retrouva une vie normale à sa sortie... Enfin aussi normale que peut l'être la vie d'un ex-taulard. Désormais il loge dans un petit appartement à
San Fernando non loin de son boulot
el mecanica cantúa (la mécanique du tonnerre) où il bossa comme garagiste.
Le dossier de Pedro contenait aussi une injonction de justice plus qu'intéressante : Il lui est formellement interdit de construire ou de porter une quelconque armure de combat. Le simple fait de voler avec ce type d'artefact le condamne à une peine de perpétuité incompressible dans les Terres Négatives... où il a de grandes chances de retrouver ses anciens camarades.
De retour sur la barge, le judge Steele prit congé de nos agents non sans leur envoyer un petit :
« J'espère que votre fameuse capitale est plus calme que vos compagnies aériennes. Moi qui venais rendre visite à un vieil ami, je vais devoir racheter un costume neuf. Vous savez combien coûte ce genre de modèle à Paris ? ».C'est à ce moment qu'Orlando Flood fit sa seconde apparition avec une pièce maitresse pour l'enquête de nos agents : un débris de fuselage de l'avion sur lequel on pouvait observer des traces de peintures vertes semblables à celle de l'armure du
Torpedo Verde. Il était temps de rendre une petite visite à Mr Almedezar...