Sans autre forme de procès, le brave Jim Phulps regagna ses pénates, Angelika son bureau. En passant par son escalier privé, elle demanda à son garde du corps personnel, véritable montagne de muscles sortie des plaines arides du Sahel, de lui envoyer le guest de sa soirée avant son arrivé. En effet ce soir comme chaque Samedi soir et pour contenter sa populace boutoneuse aux hormones exacerbés, elle faisait appel à un DJ de renom. Ce soir était le soir de l'idole de ces dames (enfin dames pour ne pas dire pire...) : manu le coquin, un bélâtre hybride entre Claude François pour le haut, un fenec pour le reste et le néant pour l'intérieur. Mais bon, elle espérait augmenter ses recettes pour la soirée et surtout étudier les comportements de ses animaux de laboratoire afin de se trouver de nouvelles proies.
Une demi-heure après, Adewale lui annonça que le DJ était là et qu'il montait de suite. Quand la porte de son bureau s'ouvrit, Angelika faillit avoir une crise cardiaque. Face à elle se dressait une horreur vestimentaire entre le Dadaïsme, le Néo Pop et le Fluxus. Tout d'abord la chemise composée de multiples miroirs, strass et de choses peu identifiables donc sûrement extraterrestres brillait de milles feux au point de faire passer l'éclairage de la Tour Eiffel pour une vulgaire fête foraine de village. Puis le pantalon d'une matière tellement ignoble qu'on se demandait si il n'avait pas enfilé un sac Albal. Enfin des chaussures de mafiosi genre mocassin en cuir aux couleurs douteuses finissaient l'ensemble. Elle hésita puis finalement resta assez sage. Elle avait du boulot pour lui. Mais avant qu'elle ne l'interroge, l'outruicuident avait déjà ouvert son clapoir.
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"Yo c'est de la balle de bosser pour vous M'zelle. Vegra la vibe ce soir, j'vais mettre le dawa au floor. Y vont kiffer les scarlats !!!"
Trop c'était trop ! - "T'es gentil mais tu vas fermer ton claque-merde maintenant. Ta vie j'm'en fous. Tes envies idem. Tu mixes bien, tu me ramenes du monde et si je le veux bien je t'autoriserais à m'adresser un bonjour devant les petasses qui t'accompagnes. Mais tu n'auras jamais de ma part et surtout pas de la considération". Le pauvre Manu venait de perdre de sa superbe et son sourire travailler au tonyglandyl disparu pour laisser place à un regard de peur. "Maintenant que je suis de bonne humeur, tu vas répondre gentiment à ma question ? Lady X tu connais ?".
Bafouillant il répondit par l'affirmative. En quelques mots et même si il ne l'avait rencontré, il savait qu'elle mixait plutôt pour des soirées underground plutôt SM et qu'elle était capable par ses remixes envoûtant de transformer en partouze une réunion d'anciennes du collège pour jeunes filles Saint-Marie du Cul-Cousu. De plus elle avait souvent la chatte qui miaulait et lui ayant le grain de café voltigeur, il aurait bien offert un sacrifice à Venus de temps en temps... A peine eut-il finit sa phrase que le regard d'Angelika le fusilla sur place. Putain il avait les noix qui faisaient bravo pourquoi il avait pas fermer sa gueule au lieu de balancer cette dernière phrase. Elle le regardait fixement sans parler sans afficher la moindre expression et quand une atmosphère bien oppressante envahie la pièce, elle lui dit d'un ton froid à glacer la mort elle-même :
"Tu as intérêt à être fort ce soir, très fort". Le pauvre allait s'en retourner quand Angelika le hella. Il se retourna prêt à voir un flingue dans la main de sa patronne d'un soir. Mais à la place du soufflant, il n'y avait qu'une petite liasse de billet de vingt. "Tiens te vl'à de quoi t'acheter des vêtements digne de ce nom. Je voudrais pas que tu colles la honte sur ma boîte avec tes fringues à la temps X...".
L'imbécile hors de la pièce, elle compulsa le dossier que lui avait remis celui qu'elle nommerait maintenant Mr Poulpe. Lady X, disparu le 24 janvier, pour couverture une certaine Jeanne Debray resident au 83 rue Saint Denis. Un p'tit coup d'interphone pour prévenir Adewale qu'elle s'absentait pour une heure ou deux, un détour au garage pour choper sa SLR et la voilà devant l'appartement de la disparue. Classe un deux-pièces au dessus d'un sex-shop. A l'intérieur rien le strict minimum syndical, un frigo vide, des placards vides, une bibliothèque vi... Ah non, pas vide la bibliothèque loin de là. Au contraire elle renfermait tout ce que la pornographie peut compter de déviants et d'abjects. On passe les classiques "Anal Inferno 3", "Les cuisses de la taulière" et "Rince-toi la bouche salope", pour s'attarder plusieurs affiches de soirée underground auxquelles participaient Lady X : More à L'Unsafe, Hit au H-Club, Wailling Wall au Triple et Orgasmix, sans adresse. De plus entre la pile de factures EDF, Angelika trouva un contrat signé entre Jeanne "Lady X" Debray et la maison de disques Undersound.
Bon voilà du boulot pour demain, il était temps pour elle de retourner au 6
3. De retour dans son bureau, Angelika faillit avoir une crise cardiaque quand elle regarda les écrans de contrôle de ses dance-floor...