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 Liselotte von Zauberstein - Historique PJ Charlotte

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pandore
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MessageSujet: Liselotte von Zauberstein - Historique PJ Charlotte   Dim 2 Aoû - 13:10

Liselotte von Zauberstein


1


Ma nourrice était une femme très superstitieuse. Profondément chrétienne, se signant au moindre prétexte, elle n’en était pas moins héritière d’une sagesse soi-disant ancestrale permettant de soigner tout, n’importe quoi et d’écarter le Malin et ses agents de sa demeure. Pour ce faire, elle avait l’habitude de capturer des chouettes et de les crucifier, vivantes, à la porte de sa maison.
Pendant des années, j’ai été hantée par les appels désespérés de ces pauvres bêtes, sacrifiées sur l’autel de la bêtise.
Ni sa dévotion, ni sa « sorcellerie » ne l’ont protégée de la mort brutale qui l’a emportée, l’année de mes six ans : des brigands en maraude…
Par chance, les bandits ont été attrapés quelques jours plus tard et ont craché tous les péchés qu’ils avaient commis – c’est ainsi que mon père a pu me récupérer, tentant tant bien que mal du haut de mes trois pommes de survivre aux côtés d’une morte.
Je n’ai plus jamais eu de nourrice.
Et la seule fois où un imbécile de serf, croyant bien faire, a cloué une chouette à la porte de l’écurie, il a été battu à mort. Je n’en demandais pas tant, mais après tout, je l’avais supplié de laisser l’animal en vie, et il ne m’a pas écoutée. La chouette était blanche, avec de grands yeux d’or. Elle est restée avec moi le temps de sa guérison, puis elle s’est envolée.
Libre.
Ma mère était une femme très érudite. Profondément chrétienne, se signant au moindre prétexte, elle n’en était pas moins lettrée, artiste de talent et prête à répondre à toutes les questions que je lui posais.
D’où venons-nous ? Pourquoi, si Dieu est bon, a-t-il permis le Mal ? Où va le soleil quand il se couche ? Pourquoi père est-il si souvent absent ? Qu’est-ce que l’âme ?
À neuf ans, je savais lire, écrire et argumenter. À neuf ans, j’ai perdu ma mère et mon père. Aucune prière n’a réussi à protéger la première d’un mal mystérieux, le second d’une lame ennemie.
Les nonnes du couvent de T** se sont précipitées au secours de « la malheureuse enfant » sur laquelle le Malin s’acharnait. Elles m’ont recueillie, attendant certainement une gratitude éternelle de la part de celle qui avait été, de justesse, « arrachée aux griffes du Diable ». J’étais si triste, au début, que je voulais bien le croire. Mais quand elles ont commencé à parler de « châtiment », de « péché » concernant mes parents, en particulier ma mère dont la beauté et l’érudition leur paraissait insupportables, j’ai compris que c’était la jalousie qui les faisait parler. Je leur ai dit. Elles ont voulu me punir pour ces « mensonges ».
De ce jour, entre elles et moi, la guerre a été déclarée. Durant deux ans, jusqu’à l’arrivée d’Hildegaard von Neuburg, j’ai lutté contre ces femmes, résistant de toutes mes forces à leurs enseignements et leurs insultes, bataillant pour demeurer moi-même, envers et contre tout et honorer la mémoire de mes parents.
Hildegaard était une femme d’une grande érudition. Veuve, elle avait préféré se retirer dans ce couvent plutôt que se remarier. Elle aimait l’étude et était arrivée au cloître avec plusieurs manuscrits – un luxe que lui enviaient les nonnes, sans évidemment oser se l’avouer. Hildegaard me prit rapidement en affection. Avec elle, je découvris l la pensée d’Arius, ainsi que celle de Saint Augustin et Platon. J’en oubliais presque mes conflits avec les nonnes. Malheureusement, elles ne m’avaient pas oubliée. Et la découverte macabre que je fis – un nouveau-né, mort ét putréfié, mal enterré dans le potager, précipita les événements. Je fis fait part de cette découverte à Hildegaard. Profondément choquée, elle décida de partir sur le champ. La Mère supérieure du couvent réussit à l’en dissuader – et je me retrouvai coupable de mensonge. Je fus fouettée, enfermée dans une cellule avec pour toute compagnie des rats – je déteste ces bestioles, mais je me fis un plaisir de clamer haut et fort que leur compagnie était infiniment préférable à la leur, eux ne mentaient pas - et on finit par décider que je m’étais portée volontaire pour être recluse… Autant dire, mourir à petit feu, noyée dans la merde et l’urine, rendue à moitié folle par l’enfermement et les privations. On m’autorisa, avant ce tragique moment, à voir Hildegaard une dernière fois. Je l’assurai de la véracité de mes précédentes affirmations, la suppliai de m’aider à fuir – imaginai même que nous pourrions, ensemble, quitter ce lieu affreux. Hildegaard m’écouta avec attention et gentillesse. Promit de faire ce qu’elle pourrait pour moi, ne serai-ce que différer l’échéance de mon triste sort. En attendant, tout ce que j’avais à faire était de me repentir, au moins en apparence, de mes propos. Je réfléchis et promis d’essayer. La Mère supérieure accepta mes excuses et mes aveux, en échange de quoi elle me dit qu’elle allait réfléchir à alléger ma peine. Du tombeau à la cellule, belle perspective ! Furieuse, je reniai aussitôt tout ce que j’avais déclaré. Je fus traînée, hurlante, dans un cachot – le même que d’habitude. On me força à avaler une potion.
Quand je rouvris les yeux, j’étais emmurée – autour de moi, il n’y avait que des murs et de la terre encore fraîche. Il n’y avait qu’une petite ouverture – une fente dans ce tumulus, par lequel on était censé me passer pain et eau. Les première nuits, j’attendis qu’Hildegaard vienne et m’aide à me libérer, j’ignorai comment mais j’avais foi en elle. Elle ne vint jamais.
On m’avait laissé, en tout et pour tout, une mauvaise tunique de bure. On m’avait coupé les cheveux, sans doute pour éviter que je m’étrangle volontairement ? Mais on m’avait laissé un crucifix. Je l’utilisai, refusant de céder à la faim, à la peur, à la panique, pour desceller patiemment les briques de mon sépulcre. J’y parvins, terminant le travail avec mes mains écorchées.
La lune était haute dans le ciel. Les étoiles brillaient. Un vent glacial soufflait entre les arbres. Au loin, j’entendis le hululement d’une chouette. Je me mis en route, consciente des dangers – en plus du froid et de la faim – qui me guettaient, mais je n’avais pas le choix.


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[center][b]

To be continued...

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