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 Wolfram von Hattstein - historique Lace'

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MessageSujet: Wolfram von Hattstein - historique Lace'   Mar 8 Déc - 14:54

Et d'abord, ce perso, c'est une gueule




Pour continuer, ses débuts, son adolescence et... la révélation !

_________________
"Wherever somebody's strugglin' for a place to stand / For a decent job or a helpin' hand / Wherever somebody's strugglin' to be free / Look in their eyes, Ma, you'll see me"/ You'll see me"
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MessageSujet: Re: Wolfram von Hattstein - historique Lace'   Mar 8 Déc - 14:55

Enfances et rançons (aux environs de 1172)

Notre domaine comptait deux mille acres de terres arables, ainsi que des bois pourvus en de nombreux gibiers. Du moins à ma naissance, un soir de la saint Thomas, en 1163. Mon père Hermann le dirigea jusqu’à son départ dans les Etats latins d’Orient, veillant au bien être de nos gens et de nos routes. J’étais le dernier né, après mes sœurs Elisabeth et Justine, et surtout mon frère Conrad. La tradition voulait que ce soit lui qui hérite des trois villages et des dépendances du territoire, dont le contrôle des nombreux moulins que nous possédions – et qui par ailleurs avait été fortement contesté par nos voisins.
Comment dire ?
Brièvement : j’étais voué à une vie de clerc. Mes parents avaient pris soin de fiancer leurs filles dès leur plus jeune âge ; ces alliances garantissaient le trésor familial, conséquent et réputé pour cela. Conrad était destiné à prendre les armes, une épouse et à garantir la pérennité de nos biens. Je passais de longues journées dans le prieuré de Dietrich de Galen, le prêtre de notre fort, dès mes cinq ans. On m’avait laissé à la charge de cet homme dévot, qui cultivait les vertus simples et les passions modérées. Il m’enseigna le latin, après l’allemand, avec pour appui la sainte Bible. J’étais alors un enfant calme, peu enclin à la surexcitation de ceux de mon âge. Je me tenais à l’écart des leurs jeux et des scandales qu’ils provoquaient (et dont mon frère était souvent l’unique auteur). Le père Dietrich rassura à ce sujet mes géniteurs : aucune déficience ne m’affligeait, je demeurais juste l’unique gamin contemplatif du fort. Très vite les images pieuses me fascinèrent ; je pouvais les contempler à longueur d’après-midi, seul dans le donjon, à la lueur d’un soleil d’été ardent, ou maladif à l’hiver venu. Finalement, un soir de grande tristesse, de Galen me l’avoua : même lui trouvait ma solitude étrange (déjà à cette époque, et encore aujourd’hui, les hommes de foi préféraient le recueillement des masses plutôt que la mystique individuelle).
J’avais alors neuf ans, et Conrad seize.
Notre père rassembla à un repas dominical sa famille et ses meilleurs serviteurs, dont des chevaliers qui me firent grande et belle impression, afin d’annoncer son départ. En son absence Conrad régenterait le domaine et les affaires courantes. Notre mère, assistée en cela par Dietrich et notre maître d’arme Gottfried, s’intéresserait aux événements exceptionnels et, en dernier ressort, ce serait Gottfried qui trancherait, avec l’accord de la dame. Des urgences en Terre Sainte réclamaient mon père. Il était question de politique et de devoir, on n’en dit pas plus à ce repas d’au revoir. A l’aube suivante, Hermann partait en compagnie de ses soldats les plus doués. Il laissait la garde du fort et des territoires à Gottfried. Bref, Conrad n’avait qu’un rôle de façade, ce qu’il fallait pour le satisfaire. Mais un mot sur lui s’impose : c’était un porc. Les forts comme le nôtre sont souvent un nid à bâtards – combien d’enfants y naissent sans père ? Fruits d’amours sans lendemain, mais qui pourtant en donnent, ces filles et ces garçons grandissent, s’installent ou partent. Les seuls bâtards que compta le fort des Hattstein étaient mes nièces et mes neveux. Conrad jouissait d’un bien qu’il acquérrait tôt ou tard : son droit d’aînesse. Il fourrait sans vergogne les servantes et les villageoises, qu’elles le veuillent ou non.
Déjà transpirait sa nature profonde : pire qu’un cochon, une bête fauve sommeillait en lui.
Il fallait souvent recruter de nouvelles domestiques, puisque l’aîné en souillait la plupart. Or toutes ne restaient pas. Nous nous étions attirés l’antipathie des serfs ; ce qui, malgré tout ce qu’en diront les souverains, n’est jamais une bonne chose. Le père Dietrich priait pour toutes ces vies gâchées, les errements de mon frère et son âme mais sinon restait muet à ce sujet. D’ailleurs nous ne l’évoquâmes jamais, même durant mes confessions d’enfant. Non, je préférais avouer mes rêves, ces visions grandioses des osts divines, dont j’étais, preux chevalier parmi les anges.
« Vanité, disait-il, avant de me recommander deux ou trois Ave Maria. »
Je sais maintenant que le prêtre avait entièrement raison. Bref, j’étais inspiré et, petit à petit, je me rapprochais des gens de mon âge, et plus vieux. Combien de roustes mon frère m’a-t-il infligé ? Et combien d’autres, commandées par lui à ses camarades ? Je ne saurais le dire. Gottfried, bienveillant, m’épargna un peu de son temps, et m’apprit à me défendre. D’abord en évitant les coups, puis en ripostant avec une épée en bois. Sous l’œil courroucé de Conrad, j’ajoutais le métier des armes à ma vocation d’archevêque ou, il espérait au moins cela, d’évêque. J’encaissais plus de bastonnades et apprenais à rendre un peu des ecchymoses, sans jamais me détourner de la sainte Bible, dans laquelle je préférais les épisodes de l’Ancien Testament (et plus particulièrement les périples de Judas des Macchabées et sa « geste »).
Deux ans après le départ de notre père, mon frère s’entoura de fantassins douteux, autant portés que lui sur la cuisse légère, sous prétexte de les embaucher pour nous protéger. Ce fût une époque triste, propice aux aveux de Dietrich. Personne ne semblait limiter le joug de mon aîné. Mes sœurs se cloîtraient, terrifiées par les soudards qui mangeaient à notre table. Les servantes quittaient nuitamment, dès que possible, le fort. Certaines enceintes des œuvres de ces roublards. Plus d’une fois ma mère les délogea, au péril de son honneur mais sans jamais en souffrir. Alors Conrad et eux allaient à la chasse, usant à satiété de nos privilèges. Nous apprîmes plus tard à quelle traque ils se vouaient : plus d’un serf des domaines voisins alla se plaindre au seigneur local des méfaits de ces parties. Qui d’une soeur, d’une mère ou d’une fille, tous avaient matière à porter des accusations. Mon frère reçut la visite de ces sires courroucés par ses méfaits, mais il les accueillit sans aucun égard. Il poursuivit ses raids, jusqu’au jour où il fût prit sur le fait et mit en geôle. Les malandrins qui l’accompagnaient furent mis à mort sur-le-champ. Nous n’étions pas inquiets qu’il tarde à revenir de son expédition. Quand un messager se présenta enfin, après deux jours d’absence, il portait les conditions de sa restitution : mille marks, une véritable fortune, ainsi que le droit sur la moitié de nos moulins et, pour « protéger les gens de la région », de nos forêts. En contrepartie mère et Gottfried récupéreraient Conrad et une levée des taxes sur la vente du bois d’hiver. L’héritier nous fut donc rendu, en piteux état et encore plus mauvais qu’auparavant, car la moitié de son héritage lui glissait déjà entre les doigts, du fait de ses appétits malsains.

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