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 [werewolf : wild west] ireland departure LACENAIRE

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fablyrr
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MessageSujet: Re: [werewolf : wild west] ireland departure LACENAIRE   Jeu 8 Fév - 15:34

ca y est , tout lu, bien très bien sauf que le passage de la fuite du caern il me semble que la direction est donnée pour aller prévenir de la chute de Dublin.... il me semble Wink
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MessageSujet: Re: [werewolf : wild west] ireland departure LACENAIRE   Jeu 8 Fév - 15:53

fablyrr a écrit:
ca y est , tout lu, bien très bien sauf que le passage de la fuite du caern il me semble que la direction est donnée pour aller prévenir de la chute de Dublin.... il me semble Wink

Exact, j'avais zappé. Mais, sans offense, rien de bien conséquent... enfin j'espère Wink Content que cela t'aille Cool
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MessageSujet: Re: [werewolf : wild west] ireland departure LACENAIRE   Ven 9 Fév - 13:50

Bon, avouons-le, je suis d'assez méchante humeur (rien contre vous, hein). Aussi ai-je décidé de sévir... ouch.
Twisted Evil

*

« Princes et princesse sans couronne, qu’aucun festin ne régale jamais vraiment, avec pour seul trône un cageot. »
Jack se tut, plissa les yeux.
« Voilà ce que nous sommes, conclut-il. »
« Tu devrais faire du théâtre, croassa pour toute réponse le malfrat. Maintenant, mon siiiii dooooooux priiiiiince, permets que je te vole ton argent et ce brin de jolie fille. »
Il posa sa main sur l’épaule de l’adolescent, sans que ce dernier ne bouge. L’indigène, haleine de bouc et atours dépareillés, dégaina un coutelas à la lame rouillée – supposé intimider le jeune balafré.
« Prends le large, lui conseilla Ned, perché sur le rebord d’une large fenêtre, noire de crasse. Mon frère de galère se risquerait peut-être à salir sa veste de ton sang. »
« Voilà qui est bien dit, l’approuva Bran, adossé au mur de bois. Prêtons une oreille attentive à ce que la faune locale a à nous apprendre : pourquoi ne pas faire du spectacle de rue ? »
« Saltimbanques, pesta Catelyn. Et quel talent vendriez-vous, jeunes gens ? »
« Celui que tu n’as pas, soeurette, répondirent-ils en chœur. »
Avant d’emplir la ruelle encaissée et sombre d’un rire chaleureux. Interdit, le brigand de bas étages eu une hésitation. Une seconde plus tard son poignet droit était brisé, sa main laissait choir le coutelas. Vif, Jack lui décocha un coup de poing à l’estomac. Le malotru se plia en deux, les genoux dans de la boue, suffoquant. L’Ahroun ne savait trop quoi en penser. Devait-il le laisser vivre, possiblement laisser cette racaille ourdir quelque revanche ? L’abattre puis le dépecer, avant de le rendre à l’Océan, comme il le faisait sur ce foutu navire ? L’adolescent avisa les environs, cette grande rue lointaine, fréquentée et bruyante, les appartements en nombre, autant de façades. Dublin ne souffrait pas la comparaison : sa ville natale paraissait vide, tant la Nouvelle Cité de York grouillait de vie. Marchands ou tavernes à tous les carrefours, badauds à toute heure, nul endroit, donc, où disséminer autrement un corps. Il faudrait le jeter à l’eau, ou le laisser traîner ici, entre deux tas de déchets, voir sous l’un d’eux. Tôt ou tard cela attirerait une attention malvenue. Jack sourit, sa plaie manqua de se rouvrir.
« Retourne à ton boss, mon mignon, grimaça-t-il. Dis-lui que dorénavant cette ruelle est à nous. Si quelqu’un d’autre veut y travailler, y marchander, il devra payer une dîme. Mais, que cela le rassure, quiconque bossera sur notre territoire sera protégé par nos soins. »
« Et nous ne sommes pas manchots, précisa un Ned surpris par tant d’audace. »
Catelyn en siffla, Bran se retint d’applaudir.
« Nous sommes des princes et une princesse, sur nos terres… »
« Eureka Street, improvisa le Galliard, moins chétif depuis leur débarquement. »
« Et l’émeraude est notre couleur, ajouta Catelyn. »
Elle s’ausculta brièvement : ni elle ni ses camarades ne portaient de vert, rien de grave.
« Allez, file. »
Leur premier visiteur prit ses jambes à son cou, détala comme un cousin du lièvre l’aurait fait. Lui qui les abordait au bout des quais, à leur arrivée. A l’instar de la plupart des autres rescapés, ils foulaient un sol nouveau avec nulle part où aller. Le triste individu interpellait vainement des mères accompagnées de leurs enfants, quand il vit la meute. Gueule Plissée se calfeutrait sous des tonnes de vêtements, aussi empestait-il à force de suer. Même Catelyn pinçait le nez, en sa présence – autrement elle l’aurait superbement ignoré. Le malfrat fondit sur eux, les abreuvant de promesses et de questions. Ils apprendraient plus tard que cette immonde créature enlevait puis revendait la fine fleur des immigrants, au gré des dettes qu’il accumulait. Il disparut, lui aussi, une nuit sans Lune ; pour ainsi dire les poissons du port y trouvèrent un festin bienvenu.
Les Princes d’Eureka Street reçurent d’autres visiteurs.
« Les monarques d’Eureka Street, reprenait sans se lasser Catelyn. »
Ces gens, amis du premier malvenu, comprirent vite à qui ils avaient à faire : Jack mit de suite les points sur les I. Des récalcitrants s’en retournèrent avec un ou deux os brisés. Bran y mettait parfois du sien, usant de ses poings avec panache. Si leur affaire ne jouissait pas d’une renommée conséquente, elle fut rapidement acceptée. Il arriva que des individus louches s’y rencontrent, sous la garde de la meute, en toute quiétude. Gueule Plissée les observait, eux et le reste des passants, avec attention. Il ne passait pas un jour sans que le métis ne repère un mignon du Ver Dévoreur. Même parmi leur clientèle, qui payait rubis sur l’ongle leur service. Ils purent rapidement loger et se nourrir dans un bordel insalubre, en face de la ruelle. Aux billets il fallait ajouter de menues faveurs : vider les récalcitrants, souvent ivres, empêcher les bagarres, ce genre de choses.
Un soir Catelyn revint, souriante, du papier plein sa sacoche.
Avec suffisamment d’encre et de plumes pour inonder la cité de ses écrits ; elle décrochait plus tôt un poste, dans un quelconque journal. Bran soutint que la meute pouvait monter un spectacle : à cette fin il réunit du bois, des clous et un marteau. Après une journée de labeur leur scène était prête. Ned insista jusqu’à ce que la Philodox craque : elle consentit à écrire de vagues dialogues, une situation initiale et des rôles pour eux trois. Jack, lui, se contentait de veiller sur leur gagne pain, Eureka Street. Il tenait à ce que leur repère ne tombe pas entre de mauvaises mains, les proxénètes en tête de gondole. Sans cesse le jeune Arhoun parcourait les rues, y dénichant ceux qui violaient la quiétude de leur ruelle. Tout en prenant garde à ne pas attirer trop d’attention, malgré tout ; par deux fois d’autres gangs, alléchés par le prodige, tentèrent d’annexer les Monarques d’Eureka Street. L’adolescent dansait alors sur des œufs pourris – ne pas provoquer de remous, ni ne troubler l’eau déjà agitée, se tenir à l’écart des uns et des autres, mais surtout des rancunes et des jeux d’influence. Jusqu’à présent ils s’étaient contentés de verser un tribut au malfrat du coin, une sorte de racaille qui affectait les manières et les atours des dandys européens. Rien d’étonnant donc qu’il accepte avec emphase ces immigrants, aussi roux que les blés mûrs, surtout Ned. Ainsi, avec quiétude, ils donnèrent leur première représentation, à ciel ouvert, alors que Hélios gagnait son zénith.
« Zut, couina Catelyn avant de monter sur scène. »
« Quoi ? souffla Bran. »
« J’ai oublié de trouver un titre à cette farce. »
Déjà Jack s’avançait sur les planches, mis tel un gentilhomme, balafre en plus. Sa seule présence, conjuguée au voile tendu derrière lui, rameuta des curieux. Il se racla discrètement la gorge, écorchée par la lame d’un rasoir – il se rasait pour la première fois le matin même.
« Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, approchez donc ! Ici, gratuitement, se joue… »
Il hésita.
« … les Palpitantes Aventures de Eureka Street ! »
« Pauvre d’inspiration, soupira Catelyn, à l’abri du voile tendu, mais c’est néanmoins un titre. Tu te souviens ton texte ? »
Bran hocha de la tête, agitant sa tignasse de cuivre.
« Vous y découvrirez comment de preux chevaliers ont terrassé des armées, des dragons et bien plus de chimères que je ne saurais les citer ! Allons, venez nombreux, le spectacle est garanti. »
« Des dragons ? s’offusqua Ned. Où trouvera-t-on des accessoires pour confectionner un… dragon ? »
« Excellente question, chuchota Bran. »
« … que commence la tragédie ! »
Le rideau tomba, révélant le trio d’acteurs ; il n’en eut pas un pour sauver l’autre, ils oublièrent en chœur leur texte. Jack avait rejoint son cageot, de façon à surveiller un large périmètre. Nul passant, pas même le plus petit commis, ne passait sans être scruté. A l’abri de son buisson, Gueule Plissée informait l’Ahroun de ce que ses narines captaient. Catelyn, pendant ce temps, restait de marbre, rivée à la scène, le regard légèrement vitreux. Elle qui pourtant insistait pour débuter le spectacle par un monologue. Bran la bouscula du coude, elle fit un pas.
« Ce n’est qu’un jeu, lui glissa-t-il. Joue. »
La gamine joua avec brio, à ce point que Ned dut faire des pieds et des mains pour paraître crédible, en prince amouraché qu’il était sur les planches. Bran, l’éternel écuyer, s’amusait à décrédibiliser tout à chacun, protagonistes comme spectateurs, qui figuraient parfois les badauds, ou d’obscurs courtisans aux alentours. A s’en damner, le Ragabash raillait et donnait des courbettes à tour de bras. Là où Catelyn imposait une impétuosité toute princière, Ned paraissait la tempérance et la chevalerie courtoise. En guise de bouffon le troisième larron s’en tirait superbement. Ils firent de la boue un fleuve d’or, de l’échafaudage derrière la scène des remparts et des castels d’antan, de chaque curieux un héros. Jack se surprit à rêvasser, sans pouvoir les quitter des yeux. Chaque façade resplendissait ; quelles soient de bois pourri ou de pierre mal scellée, elles devenaient le temps d’une scène un temple cyclopéen ou une armada voguant sur une tempête. Pour peu qu’un spectateur loucha, il aurait confondu les vêtements élimés des acteurs avec des costumes d’époque.
« … ainsi la voilà bientôt ma femme ! triompha Ned. »
Avant que la foule, certes éparse, applaudisse de concert. Si ce ne fut pas une pluie dorée, des piécettes volèrent sur scène, de quoi s’offrir un vrai repas, autre chose qu’un bouillon au gras. Ravis, les spectateurs se dispersèrent. Gratis, une troupe improvisait un divertissement, hélas trop rares pour les manants. Sans doute reviendraient-ils le lendemain, accompagnés. Il faut dire qu’un appât de taille les y incitait : ne savaient-ils pas, eux, que la Princesse Catelyn avait été la victime d’un sort ? Cette malédiction, prononcée par James – le vieux portier du bordel, ratatiné et horriblement sec –, la condamnait à se séparer de son promis. Evidemment le Prince Nef, fol d’amour, l’ignorait, alors que sa fiancée fuyait le Fort. Et si Bran, en secret, avait occis le vil sorcier, cela ne levait pas l’incantation ; pire, le meurtre en empêchait l’abjuration. Tandis que, des grottes du Ver, maître de feu James, jaillissait une horde de créatures difformes, animées par d’un seul désir : éradiquer la Déesse et Mère de Ned, Gaïa.
« Oui, sans doute reviendront-ils, rit Jack. »
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MessageSujet: Re: [werewolf : wild west] ireland departure LACENAIRE   Ven 9 Fév - 13:51

A croire que cette seule foi accomplit le miracle : les badauds revinrent. Après deux représentations Jack improvisait un résumé des épisodes précédents. Exercice de style que réclamaient retardataires et absents, auquel il fallait bien se plier. A plusieurs reprises – il s’améliorait de jour en jour – le jeune Ahroun attira de nouvelles têtes ; un parfait inconnu, vieux et ratiboisé par du mauvais scotch, leur offrit même une affiche où, d’un pinceau habile, ils apparaissaient tous les quatre. Ils le conservèrent avec un respect confinant au religieux. Si certains esprits chagrins considérèrent Eureka Street à l’abandon, il se trouvait toujours sur leur route un Bran ou un Jack pour les démentir. Il se succédait encore des gens pour commercer ou troquer, entre ces murs étroits et aveugles. Ou bien des filles et des travestis pour tapiner à l’abri des agresseurs et des autres gangs.
Un soir Ned revint d’une entrevue qu’il tenait jusqu’à présent secrète.
Sourire incrusté sur son doux visage, tignasse emmêlée mais l’œil pétillant et ravi.
« Une jouvencelle doit être derrière tout ça, grommela Catelyn. »
« A coup sûr, renchérit Bran. Et ce cuissot, alors ? »
Leur Galliard rougit, bredouilla.
« Plus fort ! l’invectiva faussement Jack. »
Sa voix emplit l’étage du bordel, précipitant sans aucun doute des jouissances.
« J’ai une bonne nouvelle… »
Ils firent des yeux ronds – Ned ne rapportait jamais de nouvelles.
« Le père de ma fiancée nous offre un lopin de terre, où bâtir un foyer et élever… »
« La marmaille, soupira Catelyn. Bon dieu, garçon, tu la sors d’où, ta fiancée ? Pourquoi ne pas nous en avoir touché mot ? Elle est belle, au moins ? »
Le pendu en devenir s’empourpra davantage.
« Plus merveilleuse que sa situation… »
Il leur conta ensuite comment, au détour d’un parc, ils s’étaient rencontrés ; lui tentait de rédiger des vers, elle se promenait en compagnie de son petit frère et leur majordome. Pour que Cupidon daigne les choisir il fallut d’abord qu’ils se bousculent, tombant l’un sur l’autre en une mêlée de dentelles et de papier vierge. Ensuite Ned ferrailla brièvement avec le majordome vieillissant, qui se méprit sur ses intentions.
« La suite est du ressort de la pudeur et des anges, conclut-il. »
« Et sa famille ? s’enquit la Philodox. »
« Riche et influente. »
« Son minois, demanda, plus curieux qu’un chat, Bran. »
« Quoi, son minois ? »
« Plutôt aguicheur ou mignon ? »
« C’est selon l’heure, répondit du tac au tac Ned. Au déjeuner il est mignon, à n’en point douter. Au cœur de la nuit… »
Bran sourit, déjà conquit par celle qui avait fais main basse sur son frère Garou.
« Nous quitteras-tu ? »
Jack ouvrait la bouche, brisant sur l’instant la magie du moment.
« Non. »
Catelyn toussa, gênée.
« … il sera où, ce palais ? »
Sur quoi ils firent tarder la fête, jusque tard le lendemain. Le balafré s’en souvient, tandis que des étoiles apparaissent, constellations et Voie Lactée en tête du cortège. Des festivités pareilles, que Bran s’était amusé à peupler de rires et de chants paillards, ne s’oublient qu’à la faveur de la tombe. Jamais la meute ne devait effacer ces instants de sa mémoire ; n’était-ce pas là le sacre de leur union, à tous ? Ils prononcèrent des vœux, sous une fenêtre inondée de la lumière de Luna, les uns envers les autres. Même Gueule Plissée, jusque-là tenu à l’écart, souhaita sur sa tête ne jamais trahir les siens. Autant le dire de suite : ils ne furent en état de donner de représentations que deux jours plus tard. Malgré la foule qui s’amassait, plus nombreuse de jour en jour, au pied des échafaudages.
Jack soupire, pour une fois d’aise.
Il se paie des vêtements décents, offre des robes neuves à Catelyn et la laisse s’acheter de rares bijoux, ornements plus inutiles et beaux les uns que les autres. Ned économise, Bran s’octroie les plus jolis visages du bordel où ils logent. Et, surtout, ils mangent à leur faim. La petite troupe réunit ses affaires, les planches sont remisées sous la bâche, ce vague rideau, sous l’échafaudage. Une main tire légèrement sur la manche de l’Ahroun – il sursaute et crache entre ses dents, se ravise. Il s’agit tout simplement d’un enfant, emmitouflé de loques raidies par la crasse.
« Que… »
« Ce n’est pas pour une pièce, récite le môme. J’ai un message et un cadeau à vous remettre. »
« P… pardon ? »
« Joyeux anniversaire, psalmodie presque l’enfançon puant. »
Ce sur quoi il extirpe d’une poche improbable une enveloppe, alourdie par son contenu. Une enveloppe scellée de cire, dans le plus grand anonymat, sans blason ni devise. Jack la décachette, les sourcils froncés, ses frères de meute le rejoignent.
« Qu’y a-t-il là-dedans ? s’interroge Bran. »
« C’est lourd, à en juger l’état de l’enveloppe, souligne Ned. Aux reflets je dirais que c’est de l’or. »
« Ou du moins est-ce doré, lance Catelyn. »
Jack dévoile une montre à gousset, oignon et chaînette d’or. Il la reconnaît au premier regard : celle dérobée sur l’Anglais qu’ils tuaient avant de le dépouiller. Vendue à un quelconque receleur, trop ravi de l’aubaine pour marchander. Le messager pouilleux se carapate, Bran s’empare de l’objet, abasourdis.
« Nom de Dieu, gronde-t-il. Pas encore ! »
Catelyn retient un cri, se détourne. Ned se saisit délicatement de la montre, plus sombre qu’aucun d’entre eux ; Jack est stupéfait, comme paralysé.
« Maudits soient-i »
Il n’achève pas sa phrase, la montre enfle brièvement, s’échauffe à toute vitesse. Jusqu’à porter l’or à ébullition. En un clin d’œil, tandis que Ned la portait à hauteur d’œil. L’explosion que libère l’esprit enchâssé répand des copeaux en sus des flammes : une myriade se loge au travers du visage de Ned, lui arrachant des chairs et fendant ses orbites. Infernale, la chaleur lui lèche une seconde la peau, la lui craquelant en profondeur. Par quelque hasard un filet d’or fondu lui cingle la gorge, s’y incrustant derechef. Son maigre torse est labouré d’éclats, l’esprit captif s’en retourne au sein de l’Umbra. Jack est soufflé, jeté le séant dans la boue, Bran a bondit hors de portée du souffle. Frappée aux jambes, Catelyn choit, son cri résonne au travers du quartier. Ned s’effondre, massacré, sa main droite arrachée, méconnaissable.

FIN DE LA PREMIERE PARTIE
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MessageSujet: Re: [werewolf : wild west] ireland departure LACENAIRE   Jeu 1 Mar - 0:40

tout, promis très bientôt je te met le caern de new york Wink
désolé pour le retard avec un aussi bon texte . je suis un peu Embarassed
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MessageSujet: Re: [werewolf : wild west] ireland departure LACENAIRE   Jeu 1 Mar - 11:24

Embarassed Bah a moi de rougir, maintenant... Embarassed
Prends ton temps, je broderais, comme d'habitude.

Lace' "points de maille à la chaîne"
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MessageSujet: Caern de New York city   Jeu 1 Mar - 21:19

Voici les têtes du Caern.
La suite arrive bientôt

Albert Simus Kingstone / SilverFang / Rg 5 (Galliard/Homid/Chef du Caern)



Artemus Fix Dannery /SilverFang /Rg 4 (Philodox/Homid/ Gardien du Domaine)


Josh Pillbird SilverFang/ Rg 4 / ( Theurge/ Homid /Gardien du Pont de lune)


Robert Patrick Anders /Iron Rider / Rg2/ ( Galliard/Homid / Maitre des Rites)


Juliette Carlton / SilverFang /Rg 4 (Arhoun/ Homid / Meute de Women of iron/ totem : Mouse of Iron /Chef des Gardiens)

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MessageSujet: Re: [werewolf : wild west] ireland departure LACENAIRE   Jeu 8 Mar - 13:56

Après Pandore, me suis manger d'une traite les aventures de Jack avec un petit "The Gathering" en fond musical et que c'est bon ,encore, encore, encore, encore, encore
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MessageSujet: Re: [werewolf : wild west] ireland departure LACENAIRE   Jeu 8 Mar - 14:02

Embarassed je m'y recolle Lundi ou Mardi, ou Dimanche...

PS: Masteeeeeeeeer! Dites-moi où se trouve physiquement ce Caaaaeeernnnn... à quoi ressemble-t-iilllllll.... bounce
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MessageSujet: Re: [werewolf : wild west] ireland departure LACENAIRE   Mar 13 Mar - 14:35

Allô? bounce albino sunny cyclops :P
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MessageSujet: La meute du Red Wolf   Jeu 12 Avr - 17:55

Red wolf, est le nom de la meute dirigée par la batarde améridienno irlandaise Corrina. Une black furies danseuse de New York qui ne va jamais plus loin que la dance. Le dernier a avoir voulu l'attendre derriere le saloon s'est retrouvé amputée d'une partie qui faisait de lui un homme. Elle n'est pas violente, elle s'est défendu et l'a fait au couteaux. Ses frères de meutes ne sont pas beaucoup plus aimés en ville, d'ou leur statut assez bas ede rang. Ils se sert les coudes n'ayant pas forcément bien le choix de leur réputation, vu leur totem.


Corrina , Lady Purple (Black Furie / Rg 3 / Galliard/Homid/ chef de la meute du Red Wolf)


William Stentford (Glass Walker / Rg 2 / Ragabash /Homid/ meute du Red Wolf)


Hugh Mac Arthur (Fianna / Rg 2 / Arhoun/Homid/ meute du Red Wolf)




Jim Berett (Fianna / Rg 2 / Ragabash /Homid/ meute du Red Wolf)

esprit totem de la meute :
le chacal :
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MessageSujet: Le dernier des Mohicans   Jeu 12 Avr - 18:03

Le dernier des Mohicans : Eyes of water n'est pas exactement le dernier des mohicans mais plutot le dernier d'une tribu cheyenne. A l'origine les siens avaient surtout la charge de préserver un caern de ce qui se nomme maintenant new york. Pris il y a plus ieurs années par les blancs Silver Fang , la ville se déforme au grés du tisserand, ses frères garous sont morts ou partis notamment dans les appalaches, mais lui, lui es resté, croyant avoir un rôle important dans la suite des événement de la ville. Il ne sait pas quoi, les esprit de l'eau étant assez flous dans leurs énigme. Il reste et il arpente la ville. Il n'est pas plus ennuyé que cela, vu son rang, bien que les Silver fang le verrai bien disparaitre il a pour le moment survécu et n'a jamais fait entorse à la Litanie pour qu'on s'en prenne non plus à lui de manière officiel. il arpente, ne demandant même pas le droit d'accès au caern; il semble que les esprits pouvoient a ses besoins de Gnose...
Sans compter la poignée de parenteles qui l'aide en cas de besoin.

Eyes of Waters (Wendigo / Rg 5 / Théurge /Homid/ )



Dernière édition par le Jeu 12 Avr - 18:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Silver fang   Jeu 12 Avr - 18:25

Les silver fangs ont pris récemment le pouvoir, au grand déeloppement de la ville, avec toutes ces grandes familles bourgeoises et marchandes ont suivis les Silver fang, qui a l'origine d ela ville ont tout de ême récupérer les caerns de la ville.

to be continued....
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MessageSujet: Re: [werewolf : wild west] ireland departure LACENAIRE   Jeu 12 Avr - 18:57

Mattew Glover (Silver fang / Arhoun / Homid / Rg 5)


C’est le plus noble Silver fang de la région. Il n’a pas pris la tête du Caern dédié aux esprits de l’eau qui se trouve dans le centre de la ville, mais c’est lui le doyen, c’est lui le dirigeant de sa tribu et de facto aussi des autres (même si peu le reconnaissent en dehors de sa tribu).

Il a une femme qui a la même lignée pure que lui, bien que parentèle : Johanna Glover, qui lui a donné un fils digne de son père ; Un arhoun un vrai un pure un dure. Juste un peu trop adolescent pour le moment mais il a , a écouté son père un vrai potentiel :


John Benjamin Glover (Silver fang / Arhoun / Homid / Rg 2)


Steven Rendle II (Silver fang / Philodox / Homid / Rg 3)
C’est le futur maitre des rites du caern de l’eau si on l’écoute et surtout si l’actuel vient à être destitué ou tué. Son père était aussi garou, mais il est parti s’installer dans le nord avant de mourir a cause de la négligence de ces « pourris de peaux rouges qui n’ont pas su buter la créature du Ver ».



Margaret Fitz Lowery (Silver fang / Galliard / Homid / Rg 3)
Margaret est une cousine par alliance de Johanna Glover; De fait elle acquiert par ce lien familial une certaine importance en ville. Son coté effacé ne laisse plus personne dupe, elle reste un garou assez boulimique de pouvoir…



Philip Puxton (Silver fang / Ragabash / Homid / Rg 3)
Un peu loufoque au premier abord il est surtout un peu schizo’. Grand joueur de cartes mais surtout de l’argent …




Jim Hanson (Silver fang / Philodox / Homid / Rg 4)
Teneur d’une des plus grandes quincailleries de la ville, il fait plus d’argent que tous les autres garous de la ville. Beaucoup redoute son potentiel de manipulation.
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MessageSujet: Re: [werewolf : wild west] ireland departure LACENAIRE   Dim 15 Avr - 16:07

et le reste d'une meute de batard...des Rongueurs d'Os.
Ils étaient une meute d'une bonne dizaine sans compter leurs parentels...mais après le passage de la loi (silver fang) il n'en reste que d'eux. La prison en a ruinés certains, d'autres sont partis se planquer et encore d'autre sont mort pendant l'arrestation de ces hors la loi. Ne reste donc que Marvin Stalker et June feather

Marvin (Bone Gnawer / Arhoun / Homid /rg 4)


June feather (Bone Gnawer / Philodox / Homid / rg 4)


les deux sont demi freres de leur mere violée par un indien différents;... pas facile a porter meme pour des rongeurs d'os, mais du coup ils ont un onstinctde survie encore plus développer...et ils sont encore en ville, et ne comptent pas se laisser marcher de sssus par les silver fang....

vola la liste des pnjs de ny est terminée Wink
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MessageSujet: Re: [werewolf : wild west] ireland departure LACENAIRE   Mar 17 Avr - 12:09

L'intro de la seconde partie ce midi!
Où l'on découvrira que le Ver, bah c'est vachement sale, quand même Twisted Evil
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MessageSujet: Re: [werewolf : wild west] ireland departure LACENAIRE   Mar 17 Avr - 13:08

Un passage en Enfer


NB: c'est sombre, assez immonde, soyez prévenus.
Bande son: Iowa, de Slipknot.

*

Jack pousse la porte de la main droite, tient fermement un couteau de la gauche. Le bois du maigre battant grince, les gonds gémissent, un peu de rouille tombe. Une vaste pièce, éclairée par un semblant de fenêtre. Du plafond pendent des rideaux grisâtres, le pied du louveteau soulève une poussière âcre. Derrière le tissu rapiécé, agité par un courant d’air, se devine une forme avachie sur un siège. L’Ahroun avance prudemment, aux aguets. Il enfonce davantage son chapeau, jusqu’au milieu du front, grogne, écarte une tenture, puis une autre. Bran a du en finir avec le malfrat de garde, au rez-de-chaussée – on ne l’entend plus. Catelyn doit soutenir Gueule Plissée, que la chaleur martyrise. Sans Ned la gamine est perdue. Elle se plie aux ordres sans plus rouspéter ni discuter, prête, silencieuse, son épaule à qui lui demande courtoisement. Même le métis, qui en profite allégrement. Jack accélère, lève son couteau bien haut : la chose assise a bougé une jambe. Il jaillit, tel un beau diable, du dédale de voiles.
S’immobilise derechef.
Par quelque miracle pervers le garou ne vomit pas. Un plus blasphématoire encore tient cette créature en vie. Cette chose avachie sur son tabouret, siège auquel une main charitable a vissé un dossier. Mais pas n’importe quel accoudoir, non, une pièce de bois grossièrement taillée, où déposer l’amas de chairs qui prolonge le crâne chauve. En guise de cheveux l’abomination affiche des plaies, jaunes, rouges ou entre les deux. Au bas mot l’excroissance doit faire deux pieds de long, pour quatre vingt livres d’escarres. L’ensemble, qui marque de suite, prolonge un front distendu, agrémenté de touffes de poil filandreux, cassants, alourdi par des croûtes de poussière. D’arcades sourcilières et de sourcils, nulle trace, juste des orbites et des yeux tout ce qu’il y a de plus normal. Expression sereine, contredite par un nez atrophié, aux arêtes prononcées. Pour conclure une bouche aux résidus de lèvres, garnie de dents rares mais aiguisées, plantées là au petit bonheur la chance et de gencives épaisses, pour mieux mastiquer ce que les crocs noirâtres ne déchiquettent pas. Sinon aucun menton, pas la moindre gorge, juste une bande de peau jaunie, pour séparer le tronc de la tête. Jusqu’aux mains, aux doigts qui peinent à se séparer, le corps n’est qu’un bloc de chairs, étrangement lisses, malgré les crevasses. Par la grâce de dieu une salopette dissimule les pires détails à Jack, qui n’en recule pas moins. Au comble de l’effroi. La chose le dévisage ouvertement, curieuse. Elle respire mal, bouge avec difficulté, ferme et referme lentement sa bouche. Raclement de la dentition inégale, roulement d’yeux, ricanement.
« Qui t’es toi, hein ? sourit-elle. »
Grimace affreuse. Jack pensait jusqu’alors avoir tout vu, avec Gueule Plissée. Grossière erreur ; il recule, choqué. Même la petite voix, l’intruse sous son crâne, se tait.
« Dis, qui t’es ? Tu veux pas répondre, pourquoi ? Dis, dis, t’es qui ? Je t’effraie, hein, je te tourne le bide, hein ? Faut que je parle mieux ? »
L’Ahroun remarque alors la bassine, disposée sous le tabouret. Les rigoles pratiquées dans le dossier, qui y acheminent – procédé ingénieux quoique rudimentaire – un fluide épais. Incolore, se cristallisant rapidement, il a laissé derrière lui une fine couche de résine transparente. La solution ne s’en égoutte que mieux.
« Alors, jeune homme, qu’est-ce qui vous amène ici ? Je sais, ce n’est pas un logis de premier choix. D’autant plus que vous me trouvez dans une position fort inconfortable… vous m’en voyez désolé. Je n’ai pas vraiment le choix… »
Ses crocs claquent les uns sur les autres, rire de dément. Jack déglutit.
« Alors, mignon, t’es qui ? Moi, c’est Harry. Ouais, c’est ça, Harry. Maintenant tu connais Harry, c’est bien, non ? Tu me connais, mais moi je te connais pas. Dis, allez, dis, t’es qui ? Dis-le à papa. »
L’Ahroun avise la pièce, ne découvre aucune autre porte, pas la moindre issue. La créature est sa dernière piste.
« … prend pitié de moi, Gaïa, s’étrangle-t-il. »
Avant de dégobiller de la bile sur un des rideaux. Averse de jaune sur le gris du tissu. La chose caquette, retrouve son sérieux.
« Franchement, mon gars, je te le demande une dernière fois : qui t’es ? Tu serais pas un de ces machins poilus, là, avec tous leurs crocs et leurs griffes, là, tu vois ce que je veux dire ? Allez quoi, dis-le donc, t’es un velu, hein ? Je te vois qui t’approche, hein ? »
Effectivement Jack se rapproche, couteau au poing, plus sombre que jamais. Sa cicatrice fait comme un second sourire, plus mesquin, sur sa joue. C’est qu’il sourit, l’imbécile. D’un geste vif il plante sa lame dans la main boursouflée, la traverse de part en part. Jack tourne violemment, le Fomor glapît une longue plainte, est pris de convulsion. Le jeune homme retire sèchement son couteau, petite giclée d’un sang noir.
« Me… merde, geint la créature, j’aurais causé pour moins que ÇA ! »
« Alors parle, grogne Jack, à distance respectable, jouant avec sa lame. Et sans minauder, bâtard, sans quoi je te découpe. Encore et encore, crois-moi sur parole. »
Raclement de dents, regard affolé. Bien qu’un peu de résignation y passe, de temps à autre.
« Tu veux savoir quoi, au juste ? On a reçu la visite d’un peu des tiens, y a pas longtemps. Des loups dans ton genre, tu vois. Des jeunes, tout comme toi. Mais en moins sensible, hein, qu’ont pas dégobillés, eux. Tu veux savoir ce qu’on en a fait, hein, tu veux, dis ? »
Jack serre les dents.
« Non. Dis-moi plutôt… »
Il s’est retenu, le grand gamin, de planter la lame dans le genou de la chose. Qu’elle l’interrompe a précipité son geste.
« Tu veux savoir qui écoule la dope, hein, c’est ça ? bafouillait-elle. »
Avant de pousser un autre de ses cris : étouffés par le trop plein de chairs, un vague glapissement.
« Dis-moi donc, grogne Jack en retirant son couteau. »
« Je… je sais pas… moi j’ai pas toujours été comme ça, hein, tu le sais, ça ? Nan, tu sais pas, t’y connais rien, le loup, t’entraves rien, tu vois. Hein, dis, si tu veux me trucider vas-y, te gêne pas. Je vois plus de raison à rester ici, à suinter comme une daube, tu comprends ? Hein, dis, c’est quoi, ton nom, dis ? »
L’amas de peau s’ébroue, tremble, grince des dents, s’abîme les lèvres. Jack gagne en masse, s’alourdit également d’une pilosité prononcée – sourcils broussailleux, oreilles velues. Pur réflexe que la forme glabro, à mi-chemin de l’homme bête, le crinos.
La porte s’ouvre, les rideaux sont soufflés par un courant d’air.
« Ja… Jack ? s’inquiète Catelyn, qui n’ose entrer de plain pied. »
« Sors ! gronde l’Ahroun. Maintenant ! »
La gamine s’enfuit.
« Jack, sourit le Fomor. Ton nom c’est Jack. Enchanté, Jack. Je vais tout te dire, mon gars, tout, écoute donc bien. Je suinte, gamin, tout le temps, tu vois. On en fait des choses, avec mes suintements, ma sueur. Des trucs qui rendent dingues, des hallucinations en pagaille, tu vois, des machins qui te rendent accrocs, hein, pas qu’un peu. Bientôt on en mettra dans les médicaments, sans rire, hein, sans blaguer, on les vendra pour contre le rhume ou pour le teint des dames, pour de vrai. Pas cher, ils disent, les médecins qui viennent des fois. Je sécrète même bien trop, ils disent. On cherche de nouvelles applications. J’attends qu’on vienne me chercher, pour aller ailleurs, quelque part à Waldensee, près de la Suisse, en Berne, ailleurs, un ailleurs comme y faut, tu vois, sans rire. Tu vois, dis, tu vois, Jack ? »
L’Ahroun approche la pointe de l’œil de Harry, déterminé, plus froid que la sainte faucheuse. La main aux doigts scellés, celle intacte, se saisit de la gorge du jeune homme, y comprime la jugulaire. Jack glisse un genou au sol, Harry soupire, au comble de l’extase : ses plaies se referment, celles du louveteau s’ouvrent, identiques.
« Voyons voir, oui, voir, ce que t’as dans la cervelle, mon gars, se réjouit le Fomor, franchement je brûle de savoir, hein, tu vois ? Dis, tu peux pas te retenir de savoir, hein, dis ? Mais surtout, surtout, ne beugle pas, ne gémit même pas, hein, d’accord ? Dis, dis ? Dis. »
Jack acquiesce du chef, faiblement, contre sa volonté. Il se laisse tomber, comprimé à la gorge.
« Alors montre à papa, gamin, montre-moi ce que t’as dans la tête. Qui t’es Jack, hein, qui t’es ? »
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MessageSujet: Re: [werewolf : wild west] ireland departure LACENAIRE   Jeu 19 Avr - 14:24

Sous son chapeau melon, deux yeux jaunis vous dévisageaient, plus joyeux que glauques. Les ombres que projetait son couvre-chef dissimulaient mal un teint sirupeux, par endroits sale. En sus de ce portrait peu avenant il fallait composer avec sa maigreur, difficile à ignorer : on devinait aisément les contours de la mâchoire supérieure, ses lèvres collaient aux gencives, à se demander comment tenaient ses dents. Il avait la face des mauvais jours, la mise d’un homme qu’enterrent ses proches et tout le panache des poivrots de la bonne société new-yorkaise. Atours coupés avec soin, velours et satins, qu’une main maladroite avait passé sur sa carcasse malingre, ne lui épargnant ni les plis disgracieux ni les boutonnages hasardeux. Pincées, presque invisibles, ses lèvres esquissaient un sourire navré aux compères qui le scrutaient. Une grimace dont se gratifient les malfrats alors que sonne l’heure de la beuverie – il y manquait une dent et ses consoeurs étaient soit noires soit marrons. Ses doigts trituraient la chaînette de sa montre, courts et crasseux. Néanmoins le bonhomme respirait bon la gentillesse, la générosité et la légèreté. Il avait cette prestance, celle de vieux amis qui se retrouvent au détour d’un chemin. Une volonté farouche l’animait, cela se ressentait jusqu’au tréfonds de l’âme ; cette même force qui manque au fermier, le soir venu, lorsqu’il rentre ses bêtes et prie pour que ses graines germent. Dans ses iris mordorées dansaient des flammèches, pareilles aux feux autour duquel se réchauffent des immigrés vannés ; à l’aune du brasier chacun divulgue ses rêves les plus fous, ceux prêts à se réaliser, une fois Ellis Island derrière eux.
L’esprit était tout cela et bien plus encore.
Ni plus ni moins que l’âme noyée au cul des bouteilles, le sourire d’un père, la harangue du général s’en allant en guerre et les prières secrètes des jouvencelles et des puceaux, entre autres choses. Ce vieux machin, vaguement humain, finalement, qui se penchait sur Ned, les irlandais l’avaient baptisé Dôchasan. Etait-il né ici, entre deux taudis, ou bien avait-t-il, lui aussi, traversé l’Atlantique pour échouer en la Nouvelle York ? Jack l’ignorait, Bran se morfondait et Catelyn s’en moquait. Gueule Plissée, lui, attendait le diagnostique de l’esprit qu’il invoquait tantôt pour soigner leur Galliard. La gamine n’avait rien pu faire, les plaies étant trop nombreuses, trop profondes. A peine asseyait-on le jeune homme qu’il crachait et toussait, s’ébrouant et dégueulant du sang. Sans compter que sa gorge suintait jours et nuits, du pus et des humeurs encore moins ragoûtantes. D’où venait-il, cet étrange esprit ? Le métis n’avait eu de cesse de le leur répéter, sans qu’aucun ne se lasse de le lui redemander : il était l’Espoir. Celui des émigrants, celui, souvent bafoué, des immigrés et le corrompu, malade, des natifs. Truc laid et ballotté, que les aléas de la vie des citadins amochaient, que les éclats de joie revigoraient. En quelque sorte il était New York, du moins une facette du prisme qu’était la ville. Comme elle il change et s’adapte, empire ou s’améliore.
« Il attend quoi là ? s’impatienta Bran. Oh, métis ! Qu’il cause, ton esprit ! »
Le rouquin s’était affalé contre la porte de leur chambre miteuse. Maussade, leur logeuse les avait longuement jugé, avant de leur tendre la clef.
« Tu devrais avoir honte, fillette, crachait-elle à Catelyn alors qu’ils grimpaient les escaliers de bois. Un infirme et trois hommes, à ton âge ! Et ne la faites pas trop couiner, vous autres dépravés, ou il vous en cuira ! J’ai encore des clients respectables ! »
Ils durent conduire le rite d’invocation dans cette garçonnière jamais aérée, sans tapage ni hurlement. Une tâche délicate, dont s’acquittait brillamment Gueule Plissée. Le temps du rituel le métis fit preuve de brio – son corps tout de plis ondula savamment, au rythme des mains de Bran martelant la table de chevet, seul meuble avec le lit.
« Silence, intima le Théurge. L’Espoir va parler ! »
En ces rares moments seulement Gueule Plissée se faisait entendre. Effectivement, comme lorsqu’il était apparu, l’esprit murmura ; ses lèvres d’un rose maladif s’ouvrirent à peine, déversant un flot de soupirs et de syllabes inaudibles. Pourtant leur frère de meute tendit une oreille flasque. Les crevasses de chair sous ses yeux, des cernes boursouflées, se froncèrent.
« Il ne peut rien faire, traduisit le métis. Des éclats d’argent sont incrustés en lui, autour desquels les chairs se sont refermées. S’il revêt une autre forme, Ned meurt. Si il ne le fait pas, il succombe. La partie est finie, pour lui. »
Un verdict sans appel, qui ne souffrait aucune discussion. Catelyn enfouit son visage attristé entre ses genoux, étouffa un sanglot. Bran se retint de frapper le traducteur, se rabattit sur les larmes. Jack fondit sur le tas de rides et de gras, lacéra d’un poing rageur ce museau de malheur. La pauvre créature alla s’écraser contre un mur, à son ombre se roula en boule, encaissant la pluie de coups que fit pleuvoir leur alpha – averse d’hématomes sur tout son corps adipeux, même là où Gueule Plissée doutait avoir autre chose que de la peau. Catelyn se leva, gifla Jack, lui fendillant les lèvres. Dôchasan suivit la scène d’un œil navré, Bran resta indécis, adossé à la porte. L’Ahroun planta ses yeux dans ceux de la gamine. Elle baissa rapidement le front, se rassit sur le lit, morose. Jack se pencha sur le Théurge, sa rage enfin épuisée.
« Pleure, lui ordonna-t-il. Pleure avec nous. »
Gueule Plissée garda ses paupières aussi sèches qu’un désert, bien malgré lui.
« J’ai épuisé mes larmes mon enfance durant, cracha-t-il. »
« Maudit sois-tu, oiseau de malheur, toi et tes secrets, et tes bourrelets avec ! »
Sur quoi il s’assit, défait, douloureux. Ned, alité, cracha un énième filet de sang. La couche s’en imprégnait. Cette foutue logeuse et ses incriminations étaient le dernier de leurs soucis, Jack mis à part. D’abord il y avait Eureka Street, rebaptisée Eurekastraat par ses nouveaux propriétaires. Une bande de rustres bouffis de vanité, prétentieux et blonds comme les blés. Si seulement une main malhonnête n’avait pas glissé un ou deux poignards d’argent entre les leurs, de mains, l’affaire serait d’ores et déjà entendue. Venus du jour ou lendemain réclamer le lopin de terre, personne ne les avait accueillis ; ils reprenaient cette juteuse affaire sans rencontrer de résistance, dîmes et dettes comprises. Trois jours durant des spectateurs se pressèrent au pied d’un échafaudage, en vain. Nul chevalier pour secourir Lady Catelyn, ni jolie princesse pour leur donner la réplique, depuis d’improbables remparts. New York les absorbait, purement et simplement, eux et leur bon souvenir. Comme s’ils n’avaient jamais existés, au fur et à mesure que les navires dégueulaient des immigrants.
L’esprit ouvrit la bouche.
« Si je ne puis vous aider, j’en connais d’autres qui pourraient, déclara-t-il posément. »
A la surprise générale. Dôchasan se leva, d’une caresse soulagea Ned du pire de sa longue agonie.
« Suis la voix qui te hante, poursuivit-il à l’adresse de Jack. L’eau appelle ceux qui l’aiment, n’en doute pas. Vous trouverez ces gens, j’ai confiance. »
L’esprit les salua d’un hochement de son chapeau melon, s’évanouit dans l’air, comme s’il n’avait jamais été là. Catelyn s’approcha de Gueule Plissée, touche du bout du doigt les bosses et les ecchymoses. Bran passa sa main dans le roux de sa chevelure.
« Puisqu’on a le choix, grommela-t-il. On te suit, Jack, on te suit… dis-nous juste par où aller. »
L’Ahroun se prit à trembler.
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MessageSujet: Re: [werewolf : wild west] ireland departure LACENAIRE   Jeu 19 Avr - 14:24

« Tout ira bien, maintenant, tout ira bien, s’évertuait la parentèle. »
Une femme d’âge mûr, ridées et marquées par les ans. En sa présence seul Jack osait ouvrir la bouche – un sang d’une rare noblesse coulait en ses veines. Catelyn ne la fixait plus, esbaudie, depuis que les larmes dévalaient ses joues ; la môme gardait pour elle seule ses pleurs. Bran ruminait de sombres pensées, adossé à la charrette de vieux bois, à l’écart. L’Ahroun s’était assis à même l’herbe, vanné. Une sueur poisseuse collait à sa peau des vêtements poussiéreux, par endroits noirs de crasse. Pourtant cette nuit sans Lune promettait d’être fraîche. C’est qu’une angoisse patente minait le jeune balafré, une peur sourde, opprimante. C’était à lui que s’adressait la femme, Johanna Glover. Jack ne put s’empêcher de noter combien elle semblait incongrue, dans ce caern. Avec ses robes bien cousues, son chignon et ses mains délicates, ses ongles manucurés, sa gentillesse. Alors qu’autour d’elle régnaient en maîtres et maîtresses incontestés la verdure ; feuillages, buissons, arbres fleuris, tapis moussus et racines traîtresses.
Il s’agissait du seul rempart entre le sanctuaire et la ville.
Cette barrière unique séparait le cancer urbain de son poumon sacré, des lacs d’une incroyable pureté. Par centaines les étoiles s’y reflétaient, sur leurs berges vaquaient des silhouettes. Crinos, loups, femelles et mâles, les observant de loin, commentant, échangeant des avis, loin de toute ouie. Johanna prit entre ses mains, douces, celle de Jack.
« Ne t’inquiète pas, pour votre frère de meute, il s’en tirera, insista-t-elle. Nous avons les meilleurs soigneurs de la région. »
Un Crinos avait arraché Ned, moribond, à la carriole, avant de l’emmener.
« Nous ne sommes pas une meute, pleurnicha Catelyn, nous sommes des louveteaux. »
L’Ahroun s’en souvint, pour une fois. Des mois de survie et de fuite avaient altéré sa mémoire, pas seulement aiguisé ses instincts. Les yeux de la parentèle s’écarquillèrent, ouvertement.
« Mes pauvres choux, larmoya-t-elle. Attendez un peu ici, je vais vous apporter de quoi se réchauffer le ventre. »
Elle s’éclipsa, laissant Catelyn a ses atermoiements, Bran à ses ruminations, Jack a ses souvenirs. Frais, les souvenirs, très frais. Trois jours passés à bord d’une charrette, sans consentir à plus d’une heure de pause par demi-journée. A quêter, fouiner, traquer un caern. Doux Rêveur, sous le crâne de l’Ahroun, restait perplexe : un caern, en ce lieu infernal ? Gueule Plissée le confirmait, quand il daignait quitter l’Umbra et ses propres investigations : par endroits New York se gangrenait carrément. Le Ver y proliférait, s’y développait, gagnant une ruelle après l’autre. Bref, c’est plus par hasard que grâce à leurs méthodes qu’ils dénichaient ce sanctuaire de Gaïa.
« Eh dire qu’on est passés devant quatre fois, soupira Jack, pour lui-même. »
L’accueil avait été on ne peut plus sec : le limier du Sept veillait, jeune femme abrupte et fusil braqué dans leur direction, flanquée de deux Crinos au pelage argenté. Après un examen sommaire, dépourvu de délicatesse, la gardienne du caern appelait du renfort, franchement mécontente. Une fois une autre meute affectée aux patrouilles, elle alla expliquer à celui qui semblait être le dirigeant – un grand gentleman, haut de forme et tout et tout, barbe blanche, moustache noire, cheveux d’argent – comment d’aussi jeunes personnes avaient pu dénicher le caern. Il tranchait, à la lisière de l’étendue d’herbe et d’eau, d’une phrase sèche, le mea culpa, quand Jack zyeutait vers lui.
« Catelyn, Bran, debout, toussa-t-il. »
L’embryon de meute se redressa d’un bond, sécha ses larmes et afficha une mine plus austère, grave et solennelle. L’homme vint d’un pas ferme, sans s’aider de la canne qu’il arborait fièrement. Il se planta devant eux, plutôt souriant.
« Mademoiselle, messieurs, le bonsoir. »
Il se décoiffa, ne leur laissa pas le temps de lui rendre son salut.
« J’ai cru comprendre que vous nous cherchiez. De nous avoir trouvé mérite de franches félicitations, entre nous. Tout le monde ne peut pas en dire autant. Accepteriez-vous de me livrer votre secret, en aparté ? Je brûle de savoir comment vous vous y prîmes… »
Mon meilleur ami pourrissait à l’arrière d’une carriole, faillit répondre Jack. Seulement le bel homme ne manquait pas de noblesse, lui non plus.
« Nous avons persisté, dit-il simplement. »
L’autre hocha la tête, comme satisfait. Il les scruta, les uns après les autres, curieux.
« C’est l’époque qui veut ça, rit-il. Je veux dire, la venue d’étrangers. Vous n’imaginez pas combien de visiteurs nous recevons depuis un certain temps… »
Il soupira, sans se départir de son sourire. Dents blanches, parfaitement alignées.
« … bah, considérations d’ancien que tout cela. Bon, à qui ai-je l’honneur ? »
« Bran, Catelyn, désigna l’Ahroun. Moi c’est Jack. Vous parliez d’étrangers ? »
« Oui, ricana le gentleman. Pas plus tard que cet après-midi, une drôle de bestiole que les gardiens ont pris pour un Danseur de la Spirale Noire. Il s’en est fallut de peu qu’ils ne l’égorgent… ce n’était qu’un métis, de ma Tribu qui plus est… »
« Gueule Plissée ! s’écria Catelyn. Il est de nôtres, Messire, pitié, ce n’est qu’une pauvre créature ! »
« Cate… »
Le Croc d’Argent interrompit le jeune homme.
« Il va bien, Mademoiselle Catelyn. Je doute que l’expérience ne l’abîme plus qu’il ne l’est déjà. Bref, je suis content de savoir que vous n’êtes pas des Rongeurs d’Os, comme le laissaient à penser vos atours et votre attelage. Alors, à en croire votre Théurge, voici une Philodox de la Tribu des Enfants de Gaïa. Ici nous avons un Ragabash de chez les Fiannas, avec son frère Ahroun. Je suppose donc que ce beau jeune homme, confié à nos meilleurs guérisseurs, est Ned, votre Galliard et muse. Belle équipée, une fois décrassée, m’est d’avis. Bon, quelle meute êt… »
« Voilà du bouillon, mes louveteaux, lança Johanna, de retour avec un plateau et des bols fumants. »
« Louveteaux ? sourcilla le gentleman. »
« Oui, des louveteaux, rétorqua la femme. Alors sois doux avec eux, veux-tu ? Surtout après ce qu’ils ont subis, ce serait barbare de les maltraiter. Allons, un petit effort, Mattew. Je vous laisse. »
Sur ce de tous les planter là ; les jeunes à leur bouillon, servi avec quantité de pain sec, l’ancien à son sourire.
« Ah, les femmes… »
Il attendit que la clique ait épongée une livre de pain dans ses bols. Une fois leurs lèvres essuyées et le menton de Bran décrotté, Mattew reprit la parole.
« Si vous y consentez, je peux vous organiser un rite de passage. Pour des garous de votre acabit ce sera du gâteau, j’en suis persuadé. Qu’en dites-vous ? »
« Et… et Ned ? osa Catelyn. »
Son petit estomac grondait, par intermittences, malgré la collation.
« Il restera ici, son état l’empêchant de participer. Ce n’est que partie remise. Une fois sur ses pieds il vous rejoindra, prouvera qu’il appartient à votre meute, qu’il est de vôtres. Alors ? »
Jack fixa l’ancien.
« Je peux paraître impertinent, mais qui êtes-vous ? Nous nous sommes présentés, mais… »
Le gentleman en resta bouche bée.
« Quel manque de courtoisie est-ce là ! couina-t-il. Toutes mes excuses… je suis confus… mon nom est Mattew Glover, ancien des Crocs d’Argent, Ahroun. »
« Alpha du Sept, chef du caern ? demanda Bran. »
« Non, non, juste le leader de ma Tribu, dans la région. Et comme ma Tribu domine la région… si vous le voulez, nous pouvons prévoir le rite pour demain soir. »
Jack tendit sa main, plus solennel qu’une tombe.
« Bonne réponse, sourit l’ancien, qui serra les doigts offerts entre les siens. »
Il n’avait pas le choix.
« En quoi consistera notre rite de passage ? s’inquiéta Catelyn. »
« Oh, trois fois rien. Une espèce de drogue a fait son apparition en ville. Une substance nocive, dangereuse et pour cause : elle est touchée par le Ver. Votre objectif sera simple : apprenez-en un maximum, récoltez le plus d’informations possibles et enfin revenez au caern. Abstenez-vous de massacrer toutes les immondices souillées qui parsèmeront votre route, ne vous faites pas remarquer et tout ira pour le mieux. D’ici demain soir tenez-vous à carreau, reposez-vous et préparez-vous. Nous nous sommes bien entendus ? »
Tous trois hochèrent la tête.
« Et… Gueule Plissée ? »
« Il vous rejoindra dans la journée. D’autres questions ? »
Silence.
« Bien. Excusez-moi, mais j’ai à faire. »
Sur ce de les quitter, rejoindre un bonhomme de son âge, plus raviné et fatigué par les ans, cheveux mi-longs dégarnis, qui pendouillaient. Jim Hanson, ils devaient l’apprendre plus tard, le Quincaillier, à l’origine de l’alerte. Grâce à son influence, employée de concert avec son réseau de contacts, le Philodox, également Croc d’Argent, endiguait jusqu’à présent les flots de narcotique. Catelyn tombait à genoux, en prières, que Jack laissait enfin couler ses larmes.
A Bran de renifler en chœur.
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MessageSujet: Re: [werewolf : wild west] ireland departure LACENAIRE   Ven 20 Avr - 18:41

J'aime beaucoup la première scène et je l'imagine très bien dans une ambiance moite à la Tobe Hopper... Good Job Lac' Wink
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MessageSujet: Re: [werewolf : wild west] ireland departure LACENAIRE   Lun 23 Avr - 12:27

Thanx! C'est quoi donc "Tobe Hopper"?

Lace', curieux et inspiré... :D
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MessageSujet: Re: [werewolf : wild west] ireland departure LACENAIRE   Mar 24 Avr - 10:25

BEWARE/ADVERTISING (Teasing?)

La suite arrive, avec la fin de cette première moitié de saison; où l'on découvrira que c'est violent, sordire, le Ver. Voilà, z'êtes prévenus.
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MessageSujet: Re: [werewolf : wild west] ireland departure LACENAIRE   Mar 24 Avr - 10:25

Plus ils s’y enfonçaient, plus la Grosse Pomme révélait ses chairs, corrompues et souillées. Rien de ces rues malsaines ne leur fut épargné : voleurs, brigands égarés, prédateurs urbains en chasse. Catelyn en tua d’ailleurs un, sans y penser à deux fois : le malotru la menaçait de son couteau rouillé. C’est au cœur des ruelles, veinules noires de crasse et encombrées de débris, qu’ils mirent la main sur leur premier receleur. Il avoua vite, le bougre à qui il manquait une jambe. Selon lui, vague bout d’homme, il fallait davantage s’enfoncer, explorer des soubassements et investir des caves humides, où se réfugiaient ceux que la lie même de New York rejetait.
« Franchement cette affaire commençait bien, cracha Bran. Bordel… »
Des heures à crapahuter dans cet immonde dédale – façades de bois pourri, édifices creux, ravagés par les flammes – l’avaient aigri. Jack acquiesça, en silence. Lui aussi s’était pris d’affection pour le caern ; les danses qui s’y étaient succédées, sur les rives d’un des lacs annexes, sentaient bon la féerie. Gueule Plissée avait pu sortir au grand jour, quelques heures durant, partager un peu de bon temps avec ses frères. Bran désespérait d’en finir : des parentèles, toutes jeunes et fraîches, les réclamaient d’ores et déjà, lui et son humour. Le Ragabash s’entendait d’ailleurs à merveille avec le Maître des Rites, dépêché pour mener les rituels. Il s’agissait d’un homme jovial, un peu canaille, qui s’occupait aussi bien de sa barbe que du sanctuaire. Un certain Robert Patrick Anders, des Iron Riders, un jeune au regard de beaucoup de ses confrères.
Jack s’ébroua, revint à des considérations plus pressantes.
« Faut descendre davantage, répéta-t-il, las. Bah quand faut y aller… »
Il les mena où personne ne crut possible qu’il s’y trouve autre chose que des manœuvres et des hangars. C’est pourtant là, non loin du port, que la meute en apprit le plus. Alors que des colosses en tenue de travail s’activaient, portant, suant et déplaçant des caisses par centaines, de pauvres créatures déambulaient. Se réunissaient pour ensuite se séparer, au milieu de ce vacarme, à l’affût d’une bousculade ou d’un malveillant. Un unique point commun les définissait : leurs atours, leurs mines. Certains se découvraient de la vermine, entre deux faux plis ou deux mèches de cheveux gras. D’autres charriaient des maladies et des pestilences : ils y en avaient même pour afficher leurs moignons ou leurs pustules. Sinon une minorité se permettait encore de faire la quête, celles et ceux pas trop amochés. De tout âge, de toute condition, ce joyeux festival laissa bouches bées les louveteaux.
Une charrette, pareille à celle qu’ils volaient tantôt, était déposée contre le mur d’un hangar.
« C’est celle qu’on emploie pour récupérer les corps, dit quelqu’un. »
Un des manutentionnaires, une sorte de titan au nez malmené – à moitié de travers, charcuté.
« Une bestiole, y’a deux ans, précisa-t-il sans qu’on lui demande rien. Cet attelage c’est pour les cadavres des ruines que vous reluquiez t’à l’heure. De temps à autres y’en a qui clamsent, ou qui se font clamsés. Faut bien les ramasser. C’est une équipe de l’usine d’à côté qui s’en charge. Eux ont du matos pour ça : des espèces de combinaisons en cuir, comme des sa… csa… »
« Scaphandre ? tenta Catelyn. »
« Ouais, c’est ça. Vous venez pour du boulot ? N’a plus, allez chercher ailleurs. Ou… »
Jack fronça ses sourcils. L’anonyme déposa sa caisse, gratta sa tignasse de jais, ses pommettes saillantes.
« Ou ? »
« Si vous v’nez pour une dose, faudra payer rubis sur l’ongle. Entre nous y’en a pas assez pour tout le monde, alors faut aligner pour toucher, okay ? »
« Hei… »
Bran coupa son Ahroun :
« Combien, pour une dose ? »
Le manœuvre sourit de toutes ses dents.
« Dix dollars. »
« Dix ?! s’écria Catelyn. Mais nous n’… »
« Clairement, trancha le Ragabash. Ceci dit nous avons mieux. »
Un sourire glacial, qui se voulait lubrique, il attira la belle fille d’Eire à son côté.
« Elle n’est plus vierge, mais elle est encore fraîche. Contre une dose, ça te va, l’ami ? »
Affaire conclue, ils se faufilèrent entre les forçats, qu’un début de crépuscule ne ralentissait pas, passèrent derrière des piles de caisses, gagnèrent une impasse, loin de tout. Un filet d’eau y coulait, nauséabond.
« Vous autres, vous restez là et vous guettez. Un quart d’heure, au mieux, ordonna le receleur. »
« La drogue, exigea Jack. »
L’autre lui enfonça dans la paume un sachet marron, en toile fine, contenant des cristaux effrités. Après quoi il les abandonna, Catelyn marchant devant lui.
« ‘pue le Ver, votre machin, grimaça Gueule Plissée, enfoncé dans son manteau long. »
« Le secteur ? »
« Ce sachet. Il refoule plus que le coin, crois-moi. »
Le métis appuya ses dires d’un reniflement appuyé. Il y eut un cri, de ce qui fut un homme de belle carrure, dans la ruelle. Ils y entrèrent, trouvèrent Catelyn sous sa forme glabro, couteau ensanglanté en main. A ses pieds gisait le receleur, l’entrejambe poisseux et rouge. Le bougre n’avait même pas eu le temps d’ouvrir sa braguette.
« Si je vous dis qu’il a parlé, l’imbécile, vous me croiriez sur parole ? sourit-elle. »
Trop franchement au goût de l’Ahroun, qui ne retrouvait pas là sa gamine compatissante, quoique intransigeante. Juste une furie qui se régalait des souffrances de la larve à ses pieds. Un peu d’hémoglobine souillait sa robe verte, un truc rouge et mesquin dépassait de l’aine perforée du receleur.
« Si il a causé, ordonna Jack, achève-le. »
Catelyn s’exécuta de suite, plongea sa courte lame dans le cœur du malfrat, perçant sans ciller la cage thoracique. Le jeune homme, à l’instar de Bran, sursauta. Déjà l’Enfant de Gaïa essuyait sa lame sur les cheveux de sa victime.
« Nous suivons les instructions du premier indicateur : d’abord plus profondément. Une fois là nous cherchons la famille Wilk. Allons-y. »
Elle passa devant eux, plus froide que jamais, mena la traque. Jack tenta bien d’intercepter la môme, de lui couper l’herbe sous le pied – regagner le caern maintenant suffirait à entériner leur rite de passage. En vain, elle avançait, écumante, slalomant entre les caisses. Toujours aussi ferme, Catelyn coupa leur route à des manutentionnaires, l’Ahroun perdit de vue Bran.
« A… atten… Oh, Cat ! Mais… bordel ! »
Pour lui les forçats ne cessaient pas leur travail. De coups d’épaule en bousculade il retrouva le Ragabash, regard perdu, hagard, suant.
« Bran !... Bran !... BRAN ! beugla Jack. »
Le rouquin sursauta, chercha des yeux, vit Catelyn, la rejoignit. C’est au fond d’une cave, comme promis, que le jeune Hamilton les découvrit. Lui comme elle, à s’acharner sur un homme. Si les dimensions de l’alcôve l’avaient permis, le duo se serait fait crinos avides de sang. Seulement voilà, entre les étais de vieux bois et le plafond bas, une machine à tuer de huit pieds de haut pour cinq cents livres aurait fait désordre. Jack s’approcha à pas de loups, de façon à tout voir de la scène.
A sa gauche, au fond du repaire, une mère blottissait un nourrisson contre son sein.
Une génitrice en larmes, recouvertes de crasse, à l’origine de plaintes continues, lugubres. Semble-t-il elle étouffait sur son corsage déchiré les pleurs de son mioche. Et le couffin dans la foulée. Ensuite le lynché, immobile sous les averses de coups. Une espèce de freak échappé de son cirque, avec un semblant de groin en guise de nez, un bec de lièvre pour toutes lèvres et l’œil malveillant. Cela ne respirait plus.

… Ibrahim, pleure Harry, brisant une seconde durant le songe éveillé mon frère…

Jack réprima un haut-le-cœur, toussa bien malgré lui. Catelyn fit volte face la première. Visage déformé par une haine crasse, regard rougeoyant, crocs découverts. Bran l’imita rapidement, poings refermés, gueule retroussée. L’Ahroun recula, à peine fit-il demi-tour qu’une poigne ferme le maintenait sur place. Des doigts pour ainsi dire poisseux emprisonnaient son épaule gauche, tandis que l’autre brandissait un médaillon – or et ossements de rongeurs, perles polies et plumes décrépies – à deux pouces du visage de Jack. La chose dans son dos respirait lourdement, concentrée sur ses incantations. Catelyn chargea, Bran à sa suite, un vent sépulcral s’éleva, là, sans préavis, envahit la cave humide de ses hurlements. Il y avait comme des formes toute gueule ouverte, dans les bourrasques, griffes dehors et regards animés par une juste colère. Jack tomba à genoux, les tympans martyrisés. Bran le percuta de plein fouet, tordu par la douleur, Catelyn acheva de s’empaqueter sur le tas de garous, tout aussi souffrante. Du coin de l’œil le jeune balafré devinait la mère, déchiquetée par les vents furieux, ainsi que sa progéniture, le tout répandu sur la glaise, la roche et le bois des étais. Puis ce fut le silence, lourd et pernicieux, que troublait à peine le tintamarre des manœuvres et de leurs caisses, au-dessus.
Gueule Plissée dominait le tas de louveteaux, le médaillon coincé entre deux plis de son énorme main.
« On a eu chaud, couina le métis. Très chaud… »
Jack se releva, hagard, s’écarta vivement : les deux sanguinaires se relevaient également, groggy.
« Je… mais qu’est-ce qu… »
« Des flaïels, des minions du Ver, qui possèdent et corrompent, grimaça le Croc d’Argent. On en sait assez, maintenant, retournons au caern : les esprits m’ont dits où trouver la source de toute cette corruption. Partons, le plus tôt sera le mieux. »
Bran aidait la môme à se remettre sur pied. Le duo affichait une mine déconfite, des larmes débordaient de leurs paupières.
« Non. »
Une négation ferme, presque brutale, qui les prit à contre-pied.
« On y va, on massacre et on purifie ce qui doit l’être, reprit Jack. Cette saloperie menace la ville et ses habitants, pas seulement le caern et ses habitués. Il faut faire vite. »
Ils le fixèrent, abasourdis.
« Mais… et les faio… falei… s’empourpra Bran. »
« Flaïels, rectifia Gueule Plissée. Je peux les tenir à distance un moment. »
« Alors on fonce, décréta Jack. »

Comme tu as bien fait, sourit Harry.
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MessageSujet: Re: [werewolf : wild west] ireland departure LACENAIRE   Mar 24 Avr - 10:25

Les voiles s’agitent : il y a un nouveau venu dans la pièce. Harry respire toujours aussi mal, au moins avec autant de difficulté que Jack, la gorge compressée. Un peu de bave coule du trou dentelé qui sert de bouche au Fomoire, ses crocs raclent parfois les uns contre les autres, sa protubérance d’escarres redouble de suintements. Par endroits sa salopette malodorante s’en imprègne, ses gros doigts s’agitent mollement.
« Qui c’est qu’est là ? »
Grognements tout juste humains.
« Belle, c’est toi ? s’inquiète Harry. T’es toute silencieuse, ma douce, viens, viens donc, on a un invité… »
Les rideaux s’écartent sur une énormité ; deux toises et demie, pour quatre cents livres au bas mot, des bras surdimensionnés, tout en muscles à fleur de peau – sous ce derme jaune, pareil à du cuir élimé –, des jambes épaisses, arquées, un torse disproportionné, en fait des lanières de cette peau crasseuses, qui tombent son gilet. Pour couronner le tout, vaguement recouvert du gilet mauve, percé ici et là, et d’un pantalon de manœuvre, une tête. Du moins un semblant de tête : minuscule, même pour un être normalement constitué, sertie de deux yeux porcins, idiots, dissimulés par des replis de derme. Quelques bulbes pour toute pilosité, des poireaux racornis, Belle n’a pas bonne mine : ses oreilles sont encroûtées par du sang, ses lèvres – une sorte de blessure mal cicatrisée – gouttent d’hémoglobine un peu plus fraîche. Entre ses battoirs de mains, Belle serre une hache. Un outil de qualité, en vérité : tranchant entretenu avec soin, une cogne pointue.
Le tout rougi depuis peu.
« Belle, qu’as-tu là, au bras ? »
Harry ne parle plus : il râle, tout sourire. La créature s’ausculte, se découvre une plaie, peu profonde, du coude au poignet. Elle glapit, frotte les unes contre les autres ses dents noirs. Du flot de syllabes que déversent ses lèvres éclatées, on peut en reconnaître quelques-unes.
« … en bas… pas morts… intrus… coupé, hache, hache… »
Jack pleure, silencieux, ne supporte plus l’odeur de cette poigne, pourrie, trop élastique, qui lui presse la jugulaire. Harry ricane, pousse du talon la bassine de sous son tabouret. Un liquide épais, une sève transparente, y sèche ; à sa surface baignent des cristaux immaculés, au centre d’une mare douteuse, que Jack s’efforce d’ignorer.
« Bois, mange, caquette l’infirme. Z’avez tué Ibrahim, mon frangin, ma crème. M’faut un autre frère, maintenant. Toi, oui, toi, tu seras le sang de mon sang, la chair de ma chair, on ira ensemble à Waldensee, près de la Suisse, en Berne, tu vois ? Pendant ce temps-là, on verra ce que ça fait sur tes deux copains, mon pus et mes glaires. Tu vois ? »
« Cate… Catelyn… gémit l’Ahroun. »
Harry glousse, postillons épais, averse de fluides, sur le sol poussiéreux.
« Autre chose, ça, gamin, autre chose. Bois. »
Le balafré s’étouffe dans ses sanglots, se penche, inexorablement, entrevoit un chêne. Un arbre majestueux, aux branches innombrables, feuillage insondable, au milieu des siens, tranquille. Ses racines abritent des terriers des portées y nichent, son écorce vibre de vie mais nul parasite ne l’abîme. Jack se redresse, se libère, change. Craquement, chute : le vieux sol de bois ne tient pas, avalanche de planches et de poussière. Une troisième créature, au rez-de-chaussée, est broyée par des poutres, tandis qu’elle essuyait ses six doigts ensanglantés sur un tablier marron. De ce Fomor, l’Ahroun ne verra que les extrémités, doigts concassés, tordus, trop blancs. Avant l’effondrement l’entrée de la bâtisse avait des allures de boutique à l’abandon ; comptoir tâché, tables rabattues contre les murs branlants, lattes fendues. Exception faite de giclées rouges, un peu partout, pas de trace du reste de la meute. Jack atterrit sur ses pattes, rejette un meuble, avise la silhouette de Belle. Le monstre se relève, appuyé sur sa hache, sonné, abasourdis. Le crinos se fend, prive la chose de son soutien, en brandit le tranchant. Belle couine, Jack abat son arme. Un genou est fendu, l’épaule à demie tranchée, peu de sang de prime abord. Elle pousse un hululement à fendre le cœur, la hache retombe, fracasse le crâne, débris rouges et jaunes, la masse de peau s’écroule pour de bon, agitée de soubresauts post-mortem.
Lentement, le garou se retourne.
Harry est là, allongé, recouvert de lattes rompues et de poussière. Son excroissance repose, malléable, sur le sol. Des verrues ont éclatées, révélant un semblant de vie – pulsations, souffle – sous des cartilages brisés. Il respire mieux, allongé, malgré ses lèvres massacrées par des débris. Un peu du cuir de son torse est arraché. Le rouge de son sang tranche avec le jaune de son épiderme. Jack s’approche, glisse jusqu’au mignon du Ver, hache en main. Sur sa route, pour être sûr, il pèse de tout son poids sur la poutre et las gravas qui font une tombe à la créature au tablier.
« Glenn, pleure Harry. T’as tué mon pauvre si pauvre Glenn. »
Il tend son bras, l’Ahroun le repousse du manche, recule, assure son pied d’appui, élève la hache. La cogne écrase une première main, le plat broie la seconde derechef, le Fomor hurle.
« Où ? gronde Jack. Ma meute… où ? »
« Dans… dans ton cul, mon loup. »
Harry sourit pleinement, raclent ses crocs une dernière fois : la cogne les fracasse, déchire une joue, sans abîmer son épaisse langue.
« Où ? »
L’autre bafouille, crache du sang et en avale, roule des yeux, tremble. Rit, tout de même. La patte arrière du crinos se pose, très lentement, sur la protubérance, y pèse ; Harry vide ses poumons, fait violence à ses cordes vocales – et pourtant, dans les environs, pas de tumulte, aucune réaction. Finalement le Fomor fixe une porte derrière le comptoir, maintenant plus qu’une planche traversée par une poutre.
« Là ? »
Hochement de tête, larmes toujours plus nombreuses. Jack pousse le battant, son cœur bat la chamade. Entre des bras et des jambes, aux propriétaires absents, quelques têtes et des sceaux remplis de doigts, il devine Bran et Gueule Plissée, inconscients, brisés ici et là, coupés ailleurs. Catelyn au sol, allongée sur un tapis de charognes, les yeux grands ouverts, plantés dans ceux de l’Arhoun. Une seule plaie pour la môme, au ventre, nette. Délicat il se penche, enlève à cet enfer ses frères de meute, l’un après l’autre, les dépose dans le salon. Harry suit tout cela d’un œil torve, parfaitement conscient. Une fois Gueule Plissée sortie de l’infâme remise, le crinos se tourne vers son hôte, le rejoint.
« Vont guérir, t’inquiète pas, mon grand. Temporaire, cette saloperie sur ta hache, là, tu vois ? Genre à t’empêcher de fermer tes blessures, hein, à changer, aussi. L’était fortiche, ma Belle, hein. »
Il sanglote, les postillons qu’éjecte sa bouche éclatée vont s’écraser sur son poitrail ouvert. Il regarde du côté où sa douce gît, mal découpée.
« Tu vois, c’était ma fifille à moi. Ma chair, mon sang, hein, comme Ibrahim, hein, et Glenn. Faut pas oublier Glenn, un type comme y faut, un peu comme toi, tu vois. Hein. Va pas tuer un pauvre comme moi, hein, j’suis déjà assez mal, pardi, trop mal fichu pour pas crever paisiblement. Tu vois ? J’irai à Waldensee, près de la Suisse, en Berne, hein, prendre du repos, j’te foutrais la paix, une paix royale, tu vois, je pleurerais les miens tranquille. Juré, promis. Tu vois ? Tiens, fouille ma poche, prends les billets, offre-toi du bon temps à la mémoire des Wilk, mon gars. Sois bon, dis ? »
Bravant un surplus de douleur, Harry extirpe une brassée de dollars – frais, tout droit sortis de l’imprimerie – et des pièces récurées.
« Mes avances, sourit-il, vas-y, sers-toi. C’était pour j’aille à Waldensee, près de la Suisse, en Berne, tu vois, on me payait pour ça, t’y crois ? »
Nouvelle crise de larmes, Jack reste de marbre, dévisage la monstruosité. Cette dernière a remplacé son présent par un passé de bon aloi. Envolées, ses dernières illusions.
« Alors, t’attends quoi, hein, dis ? La Sainte Vierge, le dégel ? »
L’Ahroun reprend forme humaine, vêtements intacts, grâce en soit rendue au métis et à ses rites. Il s’accroupit, sourit à son tour. Tristement, cela va de soi.
« Vais pas te tuer, saloperie. Pourquoi me salir, quand d’autres peuvent me l’épargner ? »
Harry couine, au désarroi.
« Qui ? Qui ? Qui ? panique-t-il. Pas tes potes, hein, dis, pas eux ! T’es propre, toi, mon gars, t’es rapide, je le sais, je l’ai vu ! »
La cogne lui arrache le visage, éparpille ce qu’il pouvait rester de cuir jaune, ôte ce nez mesquin et taille les arcades en chair. Le Fomor ne beugle pas : la surprise lui soutire un jappement, au tour ensuite de la souffrance de s’exprimer. Jack jette la hache, retrouve Catelyn. La gamine appose ses mains pales au-dessus de Gueule Plissée, dont les plaies se résorbent. Après quoi le métis fait de même, sur elle et Bran. Au cœur de cette immonde scène, écarlate et grise, se répand un peu de clarté.
Harry regarde fixement le toit de la demeure familiale.
Les contours sont flous, se fondent petit à petit, le rythme cardiaque ni ne baisse ni n’augmente. La vie qu’il loge s’accroche, agressive et impie. Importante, la perte de sang explique sa faiblesse. La silhouette de Jack se penche sur lui, lanterne en main. Harry ne sent plus son visage. Il l’a tâté, n’a découvert que crevasses et bouts de peau tenaces, eux aussi. Plus rien de ses traits lisses, presque insensibles.
« Pas moi, non, dit le jeune homme. Mais j’ai un ami de longue date, qu’un jour j’apprendrais à manier. C’est le cœur des légendes, la substance des contes épiques. Tiens-toi bien : c’est le feu. »
Et sur ce de déverser une huile enflammée sur les plaies.
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MessageSujet: Re: [werewolf : wild west] ireland departure LACENAIRE   Mer 25 Avr - 9:06

Voilà la suite, moitié de saison. Si c'est plus propre, ce n'est qu'apparence Twisted Evil

*
Comme aime à le dire le Maître des Rites, aujourd’hui les anges se sont tenus à carreau. Pour les récompenser Phoebe se fend d’un joli sourire, argenté, toute en croissant qu’elle est. Son cortège d’étoiles se reflète à la surface du lac que longe Jack. Un vent frais souffle dans les feuillages et anime d’une vie discrète les feuillus. Le caern est serein, ici et là vaquent des meutes ou des individus isolés.
Parmi eux l’Ahroun et son interlocuteur ne passent pas inaperçus.
« Vaines, vos décisions, déclare l’homme. »
Grand, puissamment bâti, assez âgé, atours de cow-boy princier : chapeau immaculé, boucle de ceinture serti d’or, bottes cirées. Albert Simus Kingstone, leader incontesté du sanctuaire, n’a pas le sourire, lui. Jack a demandé une entrevue aussitôt sur pieds. A son grand étonnement personne ne s’est rendu à leur chevet. On ne lui a surtout donné le droit de sortir qu’après de longues heures.
Et voilà que le dirigeant crache dans la soupe.
« Vaines, vos douleurs, ainsi que vos traumas et tous vos efforts. Votre objectif était on ne peut plus clair. Il a fallut que vous en outrepassiez les limites, allant courir un ignoble danger, tête baissée, sans plus y réfléchir que cela. Je te le dis, je te le répète : tout cela était vain. »
Le louveteau encaisse, pince les lèvres.
« La Litanie ne dit-elle pas… »
« Ne gaspille pas ta salive, je connais la Litanie, le coupe le Croc d’Argent. »
Il n’y a pas que sa mise qui soit royale : un sang d’une grande pureté coule en ses veines. Sa parole fait loi, Jack se tait. Ils marchent ainsi, en silence, quelque temps, s’éloignent du lac, en trouvent un autre, plus large. Là ils marquent une pause, goûtent au silence. Même New York est feutrée, ce soir. Au loin s’élèvent de derniers moutons de fumée.
« Les brigades de pompier ont au moins réussies à circonscrire l’incendie, puis à l’éteindre, soupire Kingstone. Et les flammes a détruire les preuves. Sur ce point la Litanie est respectée, pauvres de vous. Pour te dire la stricte vérité, j’hésite à vous accepter en ce caern. »
Un cœur manque un battement, l’Ahroun sue.
« Je… c’est que… »
Il souffle, s’avoue vaincu, s’assoit, résigné, contemple l’eau. Si placide, à l’instar des lieux.
« J’imagine que c’est rude, d’entendre cela, après tant d’épreuves, jeune homme, mais il faut t’y résoudre : tout cela était vain. »
« Vaine, la destruction de ces créatures ? Vaine, l’éradication de la source de tant de corruption ? s’insurge Jack. »
Qui aussitôt réalise l’ampleur de sa bourde. Perdu pour perdu, il reprend aussitôt.
« Vaines, les vies ainsi sauvées, les familles que cette saloperie aurait ravagée ? Serait-ce vain, aussi, de prémunir le libre échange de la substance ? Vains, les… »
« Suffit. »
Le plus jeune referme la bouche, baisse le front, domestiqué.
« Oui, tout cela est vain, imbécile : comment pourrons-nous maintenant remonter les pistes, traquer les horreurs derrière cette débauche de souillure ? Les médecins qu’évoquait cet Harry, se pourrait-on qu’on fasse main basse dessus, désormais ? Nenni : c’est cuit, ainsi que l’enquête sur l’entrepôt où les coupables stockaient les dépouilles des désoeuvrés et des accrocs. Si le mal est éradiqué ce ne sera que pour un temps, car nous ne pouvons plus le frapper à sa racine. Alors entends et ne me mets plus jamais en faute : cette affaire est vaine, totalement dépourvue de succès et de crédibilité. Vous vous êtes comportés en louveteaux irresponsables, alors que la nation garou attendait que vous agissiez en adultes. Toi et les tiens êtes vains, car c’est vainement que vous avez agis. »
Jack serre les dents, relève le menton.
« C’est… »
« Comment pourrais-je donner du crédit à des loups si vains ? tranche Albert Simus Kingstone. »
Bruits de pas, derrière eux. Mattew Glover arrive, tout simplement, serviette sous le bras, canne en main et tout sourire. Il approche d’un pas franc, salut du chef l’improbable duo. Son port appelle le respect, son regard, imperturbable, domine quiconque le croise.
« Monsieur, jeune homme, je vous trouve en grande discussion, dit-il en déposant son bagage en cuir. »
« Je signifiais à ce louveteau son possible renvoi, ainsi que celui de sa meute, répond Kingstone. Leur rite de passage n’est que ramassis de fautes et de bains de sang. Ils ont faits preuves d’irrespons… »
« Je sais les détails de cette triste affaire, se lamente Glover. Je partage votre opinion : c’est une catastrophe, rien à redire là-dessus. »
Impassible, le dirigeant du caern se tourne vers Jack.
« Le sept décidera demain ce qu’il convient de faire de vous tous. Avec de la chance il vous sera possible de tenter à nouveau ce rit… »
« Je trouve la sanction trop sévère, le coupe Mattew. »
Toujours amical, sans trop brusquer son entourage. Le jeune balafré sursaute.
« Considérez mieux les faits et gestes de cette jeune meute, poursuit le nouveau venu. Certes les résultats sont mitigés, leur comportement outrancier et leur insubordination impardonnable. Nier cela serait nier l’évidence… comme il est, je trouve, intolérable qu’on ne leur trouve aucune qualité, à ces jeunes gens. Ne serait-ce que leur opiniâtreté ! Vous en connaissez-vous beaucoup, vous, des garous capables de braver l’horreur et de faire face au Ver dans toute sa splendeur ? Oh, oui, ils sont nombreux… mais au prix de combien de préparations et de rituels d’invocations ? Nous avons face à nous des guerriers de Gaïa, ni plus ni moins, voilà ce que j’en dis. »
Kingstone fronce les sourcils, ne soutient pas les prunelles de Glover.
« Au chapitre de leur bravoure je ne tolérerais aucun accroc, autant vous le dire. J’envie ces loups, mon ami, car à leur âge je n’aurais jamais survécu à pareille atrocité. Eh puis, parce que nous sommes à l’heure des comptes, je rajouterais à leur ardoise l’esprit protecteur que vous leur avez assigné. Qu’est-il devenu ? Si j’en crois les rumeurs des hordes de Flaïels l’ont déchiquetés. Au temps pour la protection accordées aux louveteaux, si rares ces dernières années. Un miracle que ceux-ci s’en soient sortis, peut-être pas indemnes, mais vivants. A moins que leur bravoure n’ait voix au chapitre. Ceci dit ils pourront nous éclairer sur les voies qu’emprunte ce mal nouveau. J’apprécierais qu’on les accepte, eux et leurs erreurs, au caern. Je vous le dis franchement, mon ami, parce que ce serait une faute que de les refouler. S’il le faut ils… mmmh, subiront un second rite, plus formel, celui-ci. Qu’en dites-vous ? »
Le dirigeant du caern sert les dents, se tourne vers Jack.
« Vous avez un totem, ou une idée de ce dernier ? grince-t-il. Un nom de meute, quelque chose ? »
« Enfin, camarade, laissez donc ce jeune garou en paix : c’est de repos qu’il a besoin, pas de votr… »
« Le chêne, répond clairement le balafré. Ce chêne qui m’est apparu au pire moment de l’affaire. Pour le nom, nous verrons plus tard. »
Les anciens restent stoïques. Pourtant leurs traits se sont figés, durcis, pour Kingstone.
« Un mot ? lui propose Glover, tout en le saisissant par le coude. »
Sa stupeur n’a duré qu’une fraction de seconde. Il est de nouveau ouvert, presque joyeux, sinon serein, lorsqu’il entraîne à l’écart le dirigeant du caern. Une fois à l’abri sous les branches les confidences commencent.
« Il est au courant, pour la meute itinérante, celle qui a disparu ? s’inquiète Glover. »
« Plus ou moins. Il ne sait pas que leur totem était le chêne. »
Le gentleman se lisse la barbe, contemple longuement Jack, qui est resté assis.
« Acceptons-les et voyons ce qui se passera, déclare-t-il. »
« Et les autres européens ? »
« Les anglais ? »
Mattew ricane.
« On verra bien à l’heure de leur rencontre, augure-t-il. C’est inévitable, alors autant les confronter dès que possible : nous récupérerons le meilleur parti. Cette nouvelle meute formée, les hostilités ne tarderont pas, croyez-moi. Une fois le jaune Galliard debout, la curée début… »
« Vous ne savez pas, l’interrompe le chef du caern. »
Glover fronce les sourcils.
« Quoi ? »
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[werewolf : wild west] ireland departure LACENAIRE
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