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 [L5R] campagne lacenaire : les invasions barbares..

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Lacenaire
blizzard des lettres
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MessageSujet: Re: [L5R] campagne lacenaire : les invasions barbares..   Lun 21 Avr - 14:04

La Montage, pour un soucis de clareté, demain ! :P

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pandore
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MessageSujet: Re: [L5R] campagne lacenaire : les invasions barbares..   Mar 22 Avr - 10:43

Plusieurs questions a la suite de cette passionnante lecture.
- peux tu rappeler ce que'est la guerre des traverses ?
- s'il reste des partisans des Hantei chez les Scorpions, est-èce que cela ne signifie pas qu'il y en a dans les autres clans ?
- les parchemins de fu leng, peux tu brièvement rappeler leur histoire ?
- est-ce que j'ai rendu l'original des enseignements Bayushi à qui de droit ?

Fab, my love, tu peux lire la lettre quyi suit mais juste en tant que joueur, ok ?

Cher Shoju,
Merci mille fois et plus de cette missive, fort instructive au demeurant. Concernant "Atsuki", j'imagine que ma propoension à avoir de mauvaises fréquentations n'est pas étrangère à sa présence à mes côtés. Il me permet - il nous permet - de demeurer éveillés, si vous voyez ce que je veux dire. Concernant les partisans des Hantei,j'imagine qu'ils en sont pas limités à votre seul clan. Et deux choses me viennent à l'esprit :
- la nécessaire traque de ces idéalistes passéistes aveulges
- est-ce qu'en entretenir un groupe ne pourrait pas occuper les clans de manière constructive, i.e., les empêcher de s'entredéchirer allègrement ? Genre, une ennemi comun, etc.
Concernant les Yakuza et autres, s'agirait-il d'une influence kolesque ? Avez-vous besoin de soutien ? Si c'est le cas, n'hésitez pas. J'imagine qu'ils ne sont pas simplement à Ryoko Owari, hein ?
Les parchemins, Togashi et la sombre magie : je sais ce que contiennent plusieurs de ces parchemins et me semble-t-il que Tzu en possède/ possédait 4 ou 5. L'un d'eux était un genre d'épidémie à échelle du monde, un autre permettait - mais là, il faudrait que je fasse appel à ma mémoire flanchante - me semble-t-il de guérir la souillure ? Tout ceci est assez flou. L'idéal aurait été, effectivement, d'voir un Maho-tsukaï sous la main, voire, un ami de Tzu. J'imagine qu'il est cependant assez difficile pour un Inquisiteur de prendre le thé avec un adepte du sang - l'autre source possible étant le Oni de la connaissance, mais aux dernières nouvelles, il avait décidé de quitté l'empire parce qu'il n'avait plus rien à y apprendre. Reste la Sorcière ou ses proches, peut-être.
Là où je suis assez d'accord avec vous, c'est évidemment qu'il serait bon de rapatrier au plus vite les parchemins égarés et de les mettre en lieu sûr.
Quant au dragon Togashi, que dire ? Est-il encore dans Rokugan ? A-t-il rejoint l'Outremonde ? A-t-il décidé de s'opposer à Tzu ? Je dois bien vous avouer que mon statut de Shogun me coince un peu, à ce sujet...
Vous trouverez ci joint (dans le cas où il n'a pas été remis) un document qui pourrait vous intéresser. Ce n'est pas une faveur mais ungage d'amitié.
Meyako.
A bientôt de vous lire, (dans le cas où il a été remis)
Meyako


Evidemment, lettre scellée, protégée et cie.

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MessageSujet: Re: [L5R] campagne lacenaire : les invasions barbares..   Mar 22 Avr - 13:43

Avant de répondre à la lettre:

- La guerre des Traverses; épisode surprenant de la vie de Shinjo Yokatsu qui, après l'attaque de notables sur ses terres et leur massacre, a déclaré une guerre sans pitié aux bandits de Rokugan. Le Champion de la Licorne a bafoué des frontières, et pourchassé sans répît les bandits responsables (et leurs accointances). La guerre cesse le "jour des cendres", quand un ogre fédérateur de malfrats est massacré, ses hommes brûlés sur des bûchers... une vraie boucherie pale

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fablyrr
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MessageSujet: Re: [L5R] campagne lacenaire : les invasions barbares..   Mar 22 Avr - 16:50

tout lu Smile
sauf la lettre c'est mieux je pense.
sinon pour la guerre des traverses, bah, des fois faut faire le ménage, comme on ne reproche pas ce genre de pratiques aux Crabes et aux Lions, il me semble juste de ne pas reprocher ca aux Licorne Smile

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MessageSujet: Re: [L5R] campagne lacenaire : les invasions barbares..   Lun 28 Avr - 14:25

De Kai – moine subalterne de la Confrérie, subordonné à l’ordre de Tengen, détaché aux cours mineures de Tsuma –

A vos seigneuries,

Voilà deux jours un étrange courrier m’est parvenu. Il est signé de la main d’un de vos plus hauts gradés, Kitsu Motso-sama. Il me prie de dresser un portrait, en quelques paragraphes, de la Montagne – état actuel, passé et ses influences. C’est une requête étonnante, à laquelle me plier demandait l’autorisation de mes supérieurs. Un moine peut conseiller, certes, sans vraiment interférer avec les affaires de la noblesse. Il en va à présent d’une toute autre contrainte : la Montagne est un sujet épineux. Après avoir reçu un aval inconditionnel de mes abbés, je peux enfin me pencher sur cette entité étrange.

Pour bien commencer, il faudrait rappeler le bref passé de la Montagne. Elle est née à l’aube de la guerre contre l’ombre, alors que la dynastie Hantei vacillait, la faute aux actions de son dirigeant. Nous ne savons pas qui est à l’origine de sa fondation. Toturi le traître du Lion, ou bien son mentor Suana, le maître spirituel de l’ordre de Osano-wo ? L’un de ces deux éminents esprits a lancé un appel sans précédent. De monastère en monastère, et de grand temple en grand temple, le mot est passé : une nouvelle congrégation, ouverte à tous, voyait le jour. La Confrérie enfin rassemblée pourrait réunir toutes les connaissances de Rokugan – le Tendaï – et les protéger efficacement. Jusqu’au plus insignifiant moine itinérant, tous étaient conviés à participer à ce projet. La stupeur frappa les têtes pensantes de la Confrérie de Shinsei. Aucun d’entre eux n’avait obtenu pour cela l’accord des Hantei. Or la dynastie régnait sur la vie religieuse de Rokugan. Une folie, pour certains abbés. Une hérésie, pour d’autres. Et pendant que les décideurs confrontaient leurs différences, et que l’ombre étendait son influence, des moines et des nonnes prirent le chemin de la Montagne.
Second affront : le moine Tadaka, ancien maître de la Terre, autrefois Isawa, avait élevé la Montagne à une journée de marche de Tsuma, à peine une semaine de voyage de la capitale. L’Empereur avait toutes les raisons de mettre un terme à ce projet – duquel il n’avait même pas été informé. De même le Clan de la Grue, voisin direct de la Montagne, avait toutes les raisons de s’agacer. Car, voyez-vous, on ne cantonne pas quatre mille moines, dont une très large moitié de yama-bushis, à la porte des Doji, des Kakita, des Otomo, des Seppun et des Miya sans en rendre compte. Tout cela aurait pu s’achever là, par la force ou les mots. Mais il n’en fut rien. Ils vinrent, les moines de tout Rokugan, malgré les guerres et les pillards, les créatures des ténèbres ou de la souillure. Et il y avait pour les accueillir Tadaka, Toturi, Suana, Yogo Asimen et Kiyomaru Toshiro, vassal estimé des Hida. Des grands de ce monde, capables, par leurs accointances et leur génie, de nourrir et de cantonner quatre mille ascètes. Tadaka éleva des dortoirs, des autels, de cette roche qu’il avait déjà invoquée. Suana organisa chacun des corps, prépara des patrouilles et assigna les tâches. Yogo Asimen et Kiyomaru Toshiro sélectionnèrent les plus aptes de leurs recrues, les formèrent et en firent la garde du Tendaï. En moins de deux mois, surgie de nulle part, la Montagne naissait. Ise Zumi, énigmatiques moines Shinmaki, adeptes des Sept Fortunes, du Shinséisme pur et dur, d’Osano-wo, de Kamis fondateurs – Akodo et Hida en tête de cortège –, et tant de sectes que ça m’en tourne la tête, peuplèrent les contreforts de la Montagne. C’est un rassemblement unique, dont, après coup, on peut deviner certains buts.
A commencer par l’ombre.
Sa défaite nous a appris plus sur elle que onze siècles d’une coexistence larvée. Ce n’est pas un hasard si, de Gisei Toshi à Shiro Hida, des bibliothèques ont été saccagées. L’innommable, plus que notre annihilation, cherchait à éradiquer notre histoire, les racines de notre culture. L’ordre céleste, en deux mots. Combien de généalogies de perdues, dans cette terrible guerre ? Combien de maisons vassales effacées de nos mémoires, livrées à l’oubli ? Il nous faudra de nombreuses années pour estimer les dégâts. A ma connaissance, seules six grandes archives de ce monde ont été sauvegardées avec succès. La bibliothèque occulte, sibylline, de la Maison Togashi – le dragon sauvegardait, dit-on, toute la mémoire du monde. Le Hall des Ancêtres, sur les terres du Clan du Lion ; jamais un Akodo ou un Matsu, pas plus qu’un Kitsu, un Tokugawa ou un Ikoma, n’acceptera qu’un ennemi désacralise ce temple. La bibliothèque de Kyuden Bayushi, débordante de secrets. Les archives des Familles Seppun, Otomo et Miya, à Otosan Uchi. Evidemment, le conseil des Cinq a défendu, becs et ongles, sa bibliothèque, où est gardé l’exemplaire original du Tao de Shinsei, calligraphié de la main de Shiba. Et, enfin, le Tendaï. Si on en croit les vétérans de la dernière bataille contre l’ombre, pas une de ces engeances n’a pénétré la grande bibliothèque, aucun manuscrit n’en a disparu, pas le moindre feuillet. Cette seule réussite, à mon sens, justifie toute la création de la Montagne. Mais elle a également le mérite de soulever des questions.
Qui, parmi les fondateurs du Tendaï, avait connaissance de l’ombre ? Et, surtout, des manigances de la dynastie Hantei ? On nous a signalé la présence, très répétée, d’un samouraï – un « homme sur la vague » – portant une large coiffe de paille, aux abords de la Montagne. Il aurait purgé un héros de la guerre de sa souillure, alors que celle-ci s’aggravait, contre des documents aussitôt remisés au Tendaï. Si Yogo Asimen et Kiyomaru Toshiro ne sont pas retirés de la vie publique, ce qui explique la fréquentation de gens du monde aux abords de la Montagne, qui est cet homme pour arracher un mal normalement inextricable ? Ou plutôt, qu’est-il ? Nous comprenons aujourd’hui que ses fondateurs n’aient pas souhaité officialiser la Montagne, surtout auprès des Hantei. Pourquoi, alors, la placer aussi près de la capitale, à portée de flèche à peine des provinces Doji et Kakita ? S’agissait-il d’une révolte silencieuse, mais bien visible ? Les maîtres de cet ordre ne répondent pas aux questions, du moins pas à celles-ci. Ce sont là les mystères les plus profonds du Tendaï et de ses adeptes. Ceux auxquels, hélas, on ne peut apporter de vraies réponses. Au mieux spéculer, encore et encore, en attendant de rendre une visite au Tendaï lui-même. Le problème est que la plupart de mes collègues qui s’y sont rendus n’en reviennent jamais, ou alors très rarement. La plupart s’y installent.
Ce qui ne va pas sans poser de problème.
Rappelons que si les Hantei n’ont pas donné droit à ce rassemblement permanent, à ses portes, la dynastie Hotaru-Maru non plus. Toturi et l’Empereur ne sont pas en bons termes ; les dirigeants du reste de la Confrérie de Shinsei soutiennent leur guide spirituel, la Luciole, en espérant trouver un terme pacifique à cette mésentente. Le peuple a apprit à aimer la Montagne. Ses membres n’ont eu de cesse d’administrer soins et prières ; leurs largesses sont conséquentes – d’autant plus qu’ils semblent autosuffisants. Nous sommes nombreux à comprendre cette volonté qu’a le Tendaï à ne pas vouloir se soumettre à l’autorité impériale. Les trahisons de la lignée Hantei sont fraîches, dans nos mémoires. Mais comment considérer un ordre entier, à portée de charge du palais d’Emeraude, et constitué de vétérans ? Surtout quand celui-ci regorge d’énigmes et de mystères. Toute la Confrérie s’acharne à adoucir les relations entre la Montagne et Tsuma, trouver un consensus entre les deux parties. Mais avons-nous jamais vu d’Empereur plier l’échine devant ses vassaux ? Pour le moment, la Luciole ne promulgue pas d’édits religieux, leur préférant le statu quo. Les meneurs du Tendaï attendent, sans chercher à restreindre leur champ d’action. Partout en Rokugan ils amassent des textes, des généalogies, des légendes et des récits. Ils compilent tout cela. Tadaka a rejoint sa Maison, sans vraiment toutefois abandonner le Tendaï : il a laissé derrière lui tout un dojo de shugenjas, dont certains promettent beaucoup. A quinze ils accomplissent en une journée ce que leur maître faisait en deux, seul. La Montagne a gagné, avec cette défection, le soutien d’un des piliers du conseil des Cinq. Et si les nouveaux venus se font plus rares, il en arrive toujours. Déjà le Tendaï compte plus de moines que le grand temple de l’ordre de Osano-wo, et au moins autant de yama-bushis.
Mais voilà que je m’embourbe.

J’ai dis tout ce qu’il y avait à savoir, juste en égratignant ce qu’il faut de la surface pour deviner le fond des choses. En cela j’ai accomplis mon devoir de moine.

Tengen-no-kami vous bénisse.

Kai.

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Lacenaire
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MessageSujet: Re: [L5R] campagne lacenaire : les invasions barbares..   Mar 13 Mai - 13:13

Clans mineurs !



De Yotsu Hakuseki – ancien Magistrat Premier, lame-lige de Rokugan, du conseil des anciens de la Maison Yotsu –

Mes plus sincères respects, Messires.

Il me tarde d’accomplir ce à quoi m’astreint Kitsu Motso-sama : vous dresser un portrait fidèle aux Clans mineurs. Je dois néanmoins exposer les raisons du choix de votre rikugonshokan, très surprenant. En effet, ils sont rares, dans l’Empire, à savoir mes accointances avec les Clans mineurs. Peu de courtisans, et encore moins de grands nobles, sont au fait de mes pérégrinations. Il ne se passe pas un an sans que je rende visite aux Maisons Kitsune, Suzume, Moshi et Tonbo. Sur mon chemin je n’oublie pas de rendre hommage aux Clans de la Tortue et de la Guêpe. Mes anciennes fonctions concernaient très souvent ceux-ci. Qu’il faille escorter un officiel Seppun ou Otomo, rendre justice au nom des Hantei ou épauler l’Inquisition ; de cette époque je garde un contact chaleureux avec chacun de ces Clans. Il faut y voir la raison qui a poussé Kitsu Motso-sama à me choisir.
Mais, sans plus tarder, penchons-nous sur un bilan général des Clans mineurs.

Leur place, au sein de Rokugan, n’a jamais été des plus plaisantes : à l’ombre, souvent à leur frontière, des Clans majeurs. Si des liens existent entre des Maisons glorieuses et celles, plus modestes, des Clans mineurs, il aura fallut tout le soutien des Hantei pour que les gros ne gobent pas tous les petits. Ne croyons pas que les Familles Kakita et Doji, par exemple, veuillent à tout prix s’approprier le Clan du Moineau – mais s’il s’agissait de tenir un avantage stratégique, elles ne se priveraient pas. Il en va ainsi avec tous les Clans mineurs ; aucun n’a les moyens de se prémunir, quand les crises diplomatiques les menacent. Il leur faut tracter avec d’autres Maisons nobles, toujours plus influentes qu’eux, pour vivre à l’abri des conflits. Ne serait-ce que sauvegarder son identité, voilà un combat qui occupe à plein temps les Clans mineurs. A ce jour ce sont les seuls qui peuvent craindre, sur un bête coup du sort, la disette – ou la famine – à l’hiver venu. Avant que Shinjo Yokatsu-sama ne mène sa guerre des traverses, les raids de bandits menaçaient les Clans mineurs les plus pacifistes.
C’est une façon très synthétique de mettre en relief les conditions de vie des Clans mineurs. Certes, aujourd’hui la concorde règne, du moins sur la majeure partie de Rokugan. Le Clan de la Licorne a mené le banditisme à sa perte ; l’Outremonde est calme, l’économie, elle, est florissante. Les conditions de vie se sont améliorées, à de rares exceptions près. Mais celles des Clans mineurs restent dures, très âpres. Le soutien inconditionnel du Champion d’Emeraude, protecteur des dits Clans, est à ce titre le bienvenu. Cette seule menace affecte la façon que les Clans majeurs ont de voir les plus insignifiants. Mais il faut encore se nourrir, soi et ses gens, serviteurs et invités. Tout le riz de Tsuma ne pourrait suffire : il tient toujours aux Clans mineurs de produire ou d’importer le gros de ses denrées alimentaires. Certains ont plus de chance qua d’autres ; le Clan du Renard a l’appui de Tsuma et de sa cour, ainsi que le Clan du Blaireau, fraîchement revenu ; les Tonbo, du Clan de la Libellule, comptent sur le Clan du Dragon, bien obligé de les nourrir. D’autres souffrent davantage, comme les Suzume, dont les accointances sont maigres. Il faut admettre, et surtout comprendre, que pour ces samouraïs les négociations sont ardues : qu’ont-ils à échanger, contre un koku de riz ? Leurs peintures sont classiques, et très éphémères : l’humidité de leur petite province est impitoyable. Leur art du sabre, nous y reviendrons, aussi excellent soit-il n’est pas très représenté. Nul n’en tirerait un bénéfice pour tout le Clan du Moineau.
Comme vous le constaterez, les différences entre chaque Clan mineur sont flagrantes. Certains ne survivent qu’à la grâce des Fortunes, les autres au crochet de plus puissants qu’eux. Dans le grand jeu politique de Rokugan, les Clans mineurs ont la sale habitude de service d’otages ou de prétextes. Ainsi, il y a des siècles de cela, le Clan du Lion prenait d’assaut la montagne du Clan du Dragon, puisque son protégé, le Clan de la Libellule, l’avait offensé. Ou encore, il y a deux siècles, quand l’administration des Hantei occupait la terre des Kitsune – « pour sa protection » –, au cas où le Clan de la Licorne poussait son avantage en direction de Shiro Ikoma. Les alliances et les trahisons, souvent de grande envergure, entourent certains Clans mineurs, les plus proches des puissants. Ce lien de dépendance peut leur garantir une certaine sécurité, tout en les exposant aux aléas de la politique. Rappelons-nous que le Clan du Lièvre fut éteint, à l’aube de la guerre contre l’ombre, du fait d’intrigues jamais vraiment éclaircies. Ainsi, dans l’embarras général, disparaissaient le Clan du Sanglier et du Blaireau ; le premier pour ne jamais revenir, des décades avant que ne reparaisse le second. En guise de vérité, de résumé de ma pensée, il faut comprendre ô combien les grandes Familles ont oublié ce pourquoi sont fondés des Clans mineurs. Leur raison d’être, leur essence même. Il s’agit là d’un mystère délicat à percer, que seuls les adeptes du Shinséisme, dit-on, sont capables d’éclairer. Vous l’aurez remarqué : hormis les gens du Clan de la Mante, seuls les Clans mineurs ne retracent pas leurs racines à un kami fondateur.
Pour beaucoup, ce détail est la preuve de la faiblesse des Clans mineurs – ou du moins, une explication raisonnable à leur faiblesse. Pour d’autres cela n’a pas d’importance, à l’image même de ces maigres Familles de samouraïs. Il reste une frange de la population, dont je suis, qui sait que ces ascendances exclusivement mortelles ont une importance cruciale. Historiquement et socialement, oui, les origines des Clans mineurs sont à l’origine d’un déficit, d’une moindre importance. Au regard de la décennie passée, si on y regarde à deux fois, c’est un atout indéniable. Jusqu’à présent chaque Famille de sang divin a fauté ; les Akodo font la guerre à leurs frères ; les Togashi ont dissimulé, onze siècles durant, un mystère terrible ; les Shiba ont accepté, bien malgré eux, la dictature de la tribu d’Isawa ; les Bayushi n’ont pas su répondre aux menaces internes ; les Shinjo ont porté la guerre aux quatre coins de Rokugan, malgré une paix fragile ; les Doji se sont contentés, même durant la guerre contre l’ombre, d’asseoir leur pouvoir ; la Maison Hida, plutôt que de conclure la paix avec ses voisins, a tenté de prendre le trône d’Emeraude, par la force ; et la dynastie Hantei a trahi jusqu’aux fondations de l’Empire. En guise de réussite, les Clans mineurs ont survécus aux pires calamités qu’a connues Rokugan. C’est là, dans ces origines humaines, qu’ils ont trouvé la force de résister, catastrophe après catastrophe.
Mais assez de poésie, pour l’heure.

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MessageSujet: Re: [L5R] campagne lacenaire : les invasions barbares..   Mar 13 Mai - 13:13

Passons plutôt aux Kitsune, Maison régnante du Clan du Renard.
Les dernières heures de la guerre contre l’ombre auraient du voir son prestige s’agrandir. Des créatures de légende réapparaissaient en grand nombre – tengus vindicatifs, hommes-renards assassins et manipulateurs, kappas en quantité, entre autres choses. Chikushudo, le royaume céleste des animaux, avait ouvert grandes ses portes. Or la Famille Kitsune a, dans son domaine, le plus important des portails y menant. Nul ne peut rivaliser avec elle, quand il s’agit de créatures folkloriques. Tout portait à croire, dans le chaos d’alors, que le Clan du Renard en profiterait ; déjà le futur Shogun, et le prochain Champion d’Emeraude, croisaient des tengus agressifs et des kitsune manipulateurs.
C’était mal connaître les vassaux du Clan. Ils firent bien mieux que tirer gloire de leur savoir : ils accomplirent, envers et contre tout, leur devoir. Ils s’interposèrent, dès que nécessaire, entre les résidents de Chikushudo et ceux de Rokugan. Nuit après jour, sans relâche, ils prévinrent davantage d’intrusions, négocièrent des traités de paix, firent amende honorable en lieu et place des mortels que nous sommes. Ce fut pour eux tous une époque éprouvante. Tous les royaumes célestes entraient plus ou moins en guerre. Ils parvinrent néanmoins à endiguer le flot de créatures fantastiques, à force d’alliances et de vœux. C’est dans les ténèbres, pour la plupart, que se scellèrent ces accords. Tout le monde les attendait, victorieux, à la lumière. Déjà des courtisans de tous les Clans se renseignaient, à l’affût d’un mariage. Leur surprise devait faire peine à voir : depuis la fin de la guerre contre l’ombre, il n’y a plus personne à fiancer dans le Clan du Renard. Cette génération de célibataires est promise aux habitants de Chikushudo. Les lames-liges de la Maison Kitsune se sont retirées dans leur domaine, pour n’en ressortir que plus liés à leur devoir.
Celle nouvelle donne, bien au-delà d’une dynastie neuve, de rapports de force renouvelés, laisse perplexe les esprits de l’Empire. Quels en seront les fruits ? A quelle espèce devons-nous nous attendre ? La rumeur veut que certaines alliances soient nées d’amours sincères, entre gens de Rokugan et de Chikushudo. Il s’en fallut de peu que les dojos Shiba et Mirumoto – soutiens de la première heure à la Famille Kitsune – abandonnent pour cela les étudiants du Clan du Renard. Le soutien du Champion d’Emeraude aux Clans mineurs a prévenu la fuite de ces dignes écoles. Il y avait encore un avantage à instruire les sabreurs et shugenjas de la Maison Kitsune.
Aujourd’hui sa situation est toujours stable ; le soutien des Seppun et des Miya est toujours fort. Celui de Tonbo Shutsu-no-kami pèse au moins autant dans la balance. Ce ne sont pas l’absence de fiançailles et de gloire qui pénalise le Clan du Renard, mais son isolationnisme : comme tant d’autres de Maisons mineures, il n’a pas présenté d’émissaire à Hamara. L’afflux de biens, en aussi grande quantité, lui passe sous le nez. La faute à ses effectifs réduits, à ses alliances surnaturelles, moins légères que compliquées, donc particulièrement prenantes

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Dernière édition par Lacenaire le Mar 13 Mai - 13:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [L5R] campagne lacenaire : les invasions barbares..   Mar 13 Mai - 13:38

Poursuivons par les Suzume, Maison à la tête du maigre Clan du Moineau.
Comme tout le monde l’aura remarqué, ces sabreurs et artistes ont peu contribué à la défaite de l’ombre rampante. Quel espoir pouvions-nous placer dans la centaine d’épéistes qui compose ses rangs ? Beaucoup, à en croire les évènements qui précédaient l’apparition de l’innommable. Si on en croit nos informateurs, un certain Nitobe Inazo – docteur, lettré et guerrier obscur – aurait sabré deux enfants des Dragons Célestes : l’Oracle de la Terre et celui de l’Air. Seule l’intervention de héros a sauvé l’Oracle du Feu ; le combat s’est conclu par le trépas de cet étrange médecin, dont on ne sait toujours presque rien. Son parcours est, au mieux, d’une banalité affligeante. Au pire, Nitobe Inazo n’était qu’un vassal anonyme, parmi tant d’autres.
Mes investigations m’ont poussé à rendre visite à la Maison Suzume. Leur minuscule province, une succession de collines rocailleuses, n’a pas changée ; morne et trop humide, on y cultive toujours à peine de quoi nourrir le Clan et ses gens. Les descendants du premier Suzume n’ont pour courtisan confirmé qu’un vieux conteur, très vite soporifique. C’est encore lui qui dirige en sous-main, sans réelle difficulté, les terres. Si sa sagesse ne saurait être remise en doute, elle n’a pas de grande tâche à accomplir : la vie chez eux est d’une simplicité enfantine. Les samouraïs du Clan continuent de bêcher en compagnie de leurs paysans, et s’essaient à une calligraphie fine, sous-estimée par le reste de Rokugan. Seulement voilà, l’humidité ne transit pas seulement les os. Il n’y a pas de paravents sur les terres Suzume : le papier pourrit. Ainsi que leurs travaux, trop éphémères pour être reconnus à leur juste valeur. Personne ne s’intéresse vraiment à eux ; l’infamie de Nitobe Inazo n’a même pas rejaillie sur leurs têtes ! Toute autre Maison aurait été exterminée, son nom employé comme une insulte. Non, ils travaillent leurs champs, leurs pinceaux et leurs lames.
Car, voyez-vous, le Clan du Moineau dispose de sabreurs d’une qualité exceptionnelle. Nul ne sait vraiment comment un style emprunt de pondération a atteint un tel niveau de grâce et de force. Leur dojo a produit, ces cinq dernières années, des femmes et des hommes d’un talent incroyable. J’ai déjà eu l’occasion d’assister aux exploits de la Garde Blanche, de la Maison Moto, du Clan de la Licorne. L’épée est pour moi plus qu’une passion : c’est un sacerdoce. Mes propos sont justes. Au même titre que les Kensai du Clan du Lion, ou les Kenshinzen du Clan de la Grue, et les Vengeurs du Clan du Crabe, le Clan du Moineau entretient une école d’excellence. Ses prouesses vont bien plus loin que la seule amélioration d’un style classique (en totale contradiction avec les enseignements Shinjo ou Bayushi, par exemple). C’est cet entraînement, d’après nos sources, couplé avec des magies étranges, qui a permit au médecin d’anéantir deux Oracles – des entités d’une puissance brute considérable. Ses maîtres sont pour le moment peu nombreux, tout au plus une douzaine. Leurs noms ne sont pour l’instant pas reconnus ; mais les aléas du destin pourraient bien remédier à cela.
Si le Clan du Moineau devait gagner en réputation, les Fortunes seules savent ce que cela provoquerait. Ils n’ont jamais rayonné, les vassaux de la Maison Suzume. Leur fondation même est la conséquence d’un bête malentendu. Aucun Clan majeur ne les soutient, ni les exècre. On les regarde de haut : ils bêchent et sèment, comme de vulgaires paysans. Ce serait réellement inédit. Reste à savoir de quelle façon les Suzume se feraient connaître. Mais, il s’agit d’une intuition, n’en doutons pas : ils se feront connaître.

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MessageSujet: Re: [L5R] campagne lacenaire : les invasions barbares..   Mar 13 Mai - 13:40

Hélas pour eux, les vassaux de la Famille Tonbo sont connus.
Et ce à plus d’un titre. Premièrement parce qu’au pied des montagnes du Clan du Dragon, ils servent de paravent. A ma connaissance le record est de sept longues années. Oui, Messires, le Clan de la Libellule a retenu sept ans une ambassade en direction du monastère des moines Ise Zumi, ainsi qu’aux terres Agasha, Mirumoto et Kitsuki. Tous Clans confondus, avant la succession de Togashi Hoshi, c’était le rôle des Tonbo que de filtrer l’accès aux provinces du Clan du Dragon ; ils sont nombreux, les courtisans et sabreurs à s’en souvenir avec amertume. Deuxièmement, le Champion d’Emeraude, Tonbo Shutsu-no-kami. Son attachement aux Clans mineurs n’est pas tombé dans l’oreille de sourds. Et ses origines ne jouent pas en leur faveur, aux yeux de l’opinion générale. Les Familles du Clan du Lion, ennemis traditionnels du Clan de la Libellule, voient cela avec colère. L’avis des autres oscille entre le dépit et l’admiration. Protégé par le Clan du Dragon et le second officiel de l’Empire, la Maison Tonbo jouit d’une réputation dont elle pourrait se passer.
Ceci étant enfin dit, écrit et consigné, il faut admettre que le courage des shugenja au pied de la montagne est admirable. Plutôt que d’étouffer le feu de leur « gloire », ils s’en sont accommodés. Grâce à Togashi Hoshi ils ont lâché la bride des autres Clans, principalement majeurs, et permis à leurs émissaires de passer plus vite. Sans oublier, au passage, d’en être remerciés – oui, la souplesse du nouveau Champion redore le blason des Tonbo. Peut-être est-ce là l’objectif de la manœuvre. Concernant la politique du Clan du Dragon, nul ne peut être tout à fait certain. Le Clan de la Libellule, épaulé par une frange du Clan du Phénix, poursuit ses avancées magiques, l’affinement de ses méthodes divinatoires, fort d’une meilleure réputation. On murmure que, bientôt, le conseil de Gisei Toshi fera appel aux devins Tonbo plutôt qu’à ses mages Ishiken (dont les dons de divination frisent parfois la divinité). La protection du Champion d’Emeraude permet au Clan de manger à sa faim, plutôt que de dépendre exclusivement des Maisons Mirumoto, Agasha et Kitsuki. Le Clan du Dragon apprécie cet effort, et il ne m’étonnerait pas que les relations entre l’administration impériale et les Togashi se réchauffent un peu.
Evoquons néanmoins une inquiétude de taille : l’état du Clan du Lion. Les Familles Akodo et les Matsu partagent plus qu’un héritage : ils ne se disputent pas leur haine des Tonbo. Cela ne me surprendrait pas si les Ikoma avaient négocié une attaque contre le Clan de la Libellule en lieu et place d’une guerre civile larvée. Toutes les causes sont bonnes, dès lors qu’il faut se prémunir d’un conflit interne. Qu’importent la fureur du Champion d’Emeraude et les talents du Shogun : réunifié, le Clan du Lion aurait essuyé cette tempête comme elle l’avait fait pour l’ombre. C’eut même été l’occasion pour eux tous de mettre à genoux le Clan du Dragon, protecteur des Tonbo. Seulement voilà, autant Akodo Kaneka-san que Matsu Nimuro-san se seront opposés à cette alternative. Sinon j’aurais eut un troisième exemple, pour illustrer la position précaire de tous les Clans mineurs.
Et peut-être même n’aurais-je jamais rédigé ces quelques lignes.

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MessageSujet: Re: [L5R] campagne lacenaire : les invasions barbares..   Mar 13 Mai - 13:41

Ce qui aurait été dommage, puisque la Maison Moshi fait face à une situation intéressante.
Ses membres depuis toujours vénèrent la Dame du Soleil, Amaterasu-no-kami. Or celle-ci n’est plus depuis la fin de la guerre contre l’Ombre. Sans but ni raison d’être, un Clan peut-il survivre ? Toutes les traditions du Clan du Mille-pattes, son identité même, sont liées à ce culte, dont on disait qu’il était le plus pieux de tout Rokugan. Jusqu’à leur matriarcat absolu, hautement respecté chez les Matsu et les Otaku, rien n’était laissé au hasard, tout trouvait sa source dans cette idolâtrie. Si nous enlevions, par quelque miracle céleste, l’Outremonde au Clan du Crabe, les Familles Hida et Hiruma ne souffriraient pas autant dans leurs chairs que les Moshi, une fois la déesse morte.
Et pourtant l’incarnation de l’ombre n’a pas subjugué les provinces du Clan du Mille-pattes. Leur magie, feu et vent, a repoussé l’innommable jusqu’à ce qu’il soit éradiqué. Aucun autre Clan ne peut prétendre avoir contrecarré le néant fait forme. Leur artefact le plus sacré, un orbe solaire, a frappé les séides de l’ombre d’un incendie terrible. Couplées aux incantations des vassaux de la Famille, ces flammes d’une pureté incroyable ont tenus en respect le pire ennemi de l’Empire, alors que celui-ci était partout ailleurs submergé. Alors pourquoi changer de mode de vie ? Si la bénédiction du soleil n’est pas éteinte, quelle raison la Maison Moshi a de revoir ses us et coutumes, de revisiter ses prières et ses célébrations ? Les imprécations à Amaterasu-no-kami ont été réécrites, tout au plus, le nom des Hantei rayé des litanies. Et voilà tout. Si les alliés ancestraux des Moshi – le Clan du Phénix – regardent cela d’un œil étonné, ils n’en parlent pas en public. La Maison Shiba continue de former les épéistes, la plupart des mâles du Clan, sans évoquer avec eux le sujet. Comprenez : tout Rokugan se demande à qui ou à quoi vont les prières des Moshi. Eux répondent sans détour, si on le leur demande (encore faut-il être de leurs amis et amener délicatement le sujet). Le soleil. Cette sphère éternelle, flamboyante, qui portait un nom. Si aujourd’hui l’astre a perdu son fameux nom, son essence a-t-elle pour autant été modifiée ? La réaction de l’orbe solaire est pour les Moshi une preuve en soi : que meure une déesse, quand bien même elle soit à l’origine du monde, que le soleil se lèvera encore demain. Le reste est du babillage de philosophes et de rhéteurs.
Couplez à cette étrangeté théologique le mariage de Moshi Wakiza avec l’Empereur, Hotaru-Maru premier, et vous tiendrez l’ensemble du tableau. Encore faut-il s’attarder sur les détails. Wakiza-sama, trois fois bénie, est la seule héritière de sa Famille d’origine ; sa mère n’est plus féconde, et de toute façon sans époux. Adopter en urgence une fille ou un garçon serait faire offense aux droits de l’héritière, et donc de la Luciole. D’un point de vue strictement légal et éthique, la situation est délicate. Sans direction précise, juste des régences à répétition, le Clan risque de faiblir rapidement, puis de s’éteindre. Que la Luciole intervienne directement tiendrait de l’hérésie, dans la plupart des cas. Il a le rôle d’arbitre suprême, ce qui signifie qu’il tient en équilibre sur un lac gelé – surtout ces derniers temps, avec un Clan du Lion qui menace de rompre la glace. Le souvenir de la dynastie Hantei ne l’aide pas ; les gens, nobles ou non, aspirent à un peu plus de liberté ; si l’Empereur est garant de leur sécurité, et non de leur quotidien et de leurs aspirations, tant mieux. Imaginez donc la Luciole intervenir ainsi pour sauvegarder le Clan du Mille-pattes, sans prêter main forte aux Maisons Akodo, Matsu, Ikoma, Kitsu et Tokugawa. Certains magistrats me rétorqueront que l’aîné, ou le cadet, du couple impérial peut disposer du Clan du Mille-pattes et de la Maison Moshi. Il s’agirait dans ce cas disposer du Clan, d’en faire un pantin, un protectorat, fortement assisté et courtisé – à l’opposé des idéaux et fonctions des plus laxistes des vassaux Moshi. Autant laisser s’éteindre la lignée.
A moins que le futur ne nous ouvre de nouvelles voies, neuves et répondant enfin à des besoins réels. Dans « la plupart des cas » l’intervention directe de l’Empereur tuerait à terme le Clan. Mais rappelons que la Famille Seppun, amputée de ses alliés Otomo, ne peut rendre à elle seule hommage aux kamis de la cité impériale, Tsuma. Aux héros d’antan, magistrats glorieux et généraux triomphants. Jamais Hotaru-Maru premier ne laissera s’éteindre les cultes aux fondateurs de l’Empire : ce serait concéder une ultime victoire à l’ombre – cette menace que rendaient effective les manigances des Hantei. Se pourrait-il alors que la Luciole attire à elle la Maison Moshi, pour des prétextes religieux (et donc imparables), à Tsuma ? Sans les déloger de leur enclave montagneuse, puisque deux conseillers et leurs suite suffiraient à remplir le rôle. Donc en évitant de s’attaquer à leur identité, tout en les intégrant aussitôt à l’administration impériale. Rien n’empêcherait la Maison Moshi de remplacer la Famille Otomo, sur ce point. Bien que très symbolique, cette fonction permettrait aux Moshi de survivre aux noces de Wakiza-sama. Tout en octroyant au Clan du Mille-pattes un prestige exceptionnel, sur lequel bâtir un avenir incertain mais trépidant. Comme je vous le disais : un sang divin semble déplacé, de nos jours. Et ainsi que le disent les paysans de ma région natale : la fortune sourit aux mortels.

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MessageSujet: Re: [L5R] campagne lacenaire : les invasions barbares..   Mar 13 Mai - 13:42

La Maison Ichiro ne démentira pas cet adage. Et l’ensemble du Clan du Blaireau non plus.
Voilà cinq ans, à quelques mois près, ils disparaissaient. Les rares magistrats dépêchés sur place trouvèrent des demeures vides, des montagnes désertes et une passe effondrée. Ni traces de sang ni cadavres, pas le moindre indice. J’étais des premiers à se rendre dans les terres inhospitalières du Clan du Blaireau, et le dernier à les quitter. Nous n’avions rien appris, rien découvert. L’inquisition s’était jointe à nos investigations, sans produire de meilleurs résultats. Tout un Clan mineur s’évanouissait, et nul n’aurait pu deviner pourquoi ou comment. De fiers guerriers, que les philosophie de Hida-no-kami et Dame Matsu n’effrayaient pas, manquaient à l’appel. Puis l’ombre vint, nous nous tournâmes vers des préoccupations plus urgentes.
Au cœur de l’hiver qui vient de s’achever nos questions ont trouvé des réponses. La Maison Ichiro a accomplit son devoir : protéger les frontières sud de l’Empire des agressions barbares. Depuis les flancs de leurs montagnes, les braves ont observé la horde conduite par l’immonde Ujina. Leur seigneur a envoyé des messagers au reste de Rokugan, rassemblé ses troupes et prit le chemin de la guerre. Jamais ses missives ne nous sont parvenues. Il a trouvé la mort il y a trois ans, de soif et d’hémorragie. Comme ses vassaux il traquait l’arrière-garde des barbares défaits cet hiver, sans répit. Ils n’avaient aucun autre recours que la bataille et le pillage : derrière eux, après l’avoir traversé, ils firent s’ébouler la seule passe retournant à Rokugan. Pour boire il leur fallait s’approprier l’eau de leurs ennemis. Ils apprirent à manger la même viande, tant qu’elle n’était pas celle d’un homme, et à ne dormir que quelques heures par nuit. C’est dans la mobilité que les sabreurs du Clan du Blaireau ont trouvé leur salut ; sans quoi le nombre les aurait très vite défait. Plus de deux millions d’âmes s’opposaient à eux – des assauts brefs, très intenses, leur permirent de s’en sortir. Ce seul instinct de survie, dicté par la volonté d’accomplir son devoir, est une grande victoire.
Puis, du jour au lendemain, ils réapparurent dans les jardins du Champion d’Emeraude. Puants, plus proches de bêtes que de samouraïs, ils attaquèrent ce qui leur semblait une menace. Il fallut toute la « délicatesse » du futur Shogun, alors porte sabre de Tonbo Shutsu-sama, pour contenir l’incident, empêcher un véritable bain de sang. Seulement cinq dizaines de vassaux Ichiro avaient survécus au périple. Certains avaient été exécutés par leurs pairs, corrompus par la pensée barbare et la lâcheté. Les autres avaient succombés aux combats, à la maladie ou aux famines. Le Clan du Blaireau reçut tous les égards, confirma les soupçons de Tsuma et ses administrations : la menace au nord risquait de saccager l’Empire. Plutôt que de rester là, à panser leurs plaies en contemplant les cygnes de Messires, les guerriers exigèrent de reprendre le chemin de la guerre. Ils furent autorisés à rejoindre le front, aux côtés de Akodo Kaneka-san, et comme lui survécurent. Ils ne se sont pas forcément couverts de gloire, les soldats de la Famille Ichiro : leurs méthodes n’envient rien à celles des Hida ou des Matsu. Ils tuent, sans discontinuer, et cela choque la plupart des traditionalistes. Une certaine part de leur style tient de la sauvagerie, désormais. Mais ce ne sont que des considérations de cancaniers. Ce qu’il faut retenir de la campagne sur les terres du Clan du Phénix, avant toute chose, c’est que le Clan du Blaireau a fait table rase de son passé. Ils sont retournés à leur province, et ont refusé toute autre aide que celle nécessaire ; ce sont eux qui dépoussièrent les forts et fortins, eux qui arrachent les mauvaises herbes et chassent les créatures installées là. S’ils acceptent les dons de nourritures et de saké, ils n’attendent qu’une chose : enfin produire de quoi se nourrir eux-mêmes. Les mariages arrangés avec le concours du Champion d’Emeraude ont fait piaillé de nombreuses cours. Néanmoins des dizaines de vierges ont été escortées à Shiro Ichiro, là où les neiges ne fondent qu’une fois l’an. C’est bien plus qu’il n’en faut pour assurer la résurrection du Clan du Blaireau. Sa position, bénie des dieux, à la droite du Champion d’Emeraude et non loin tu trône impérial, lui permettra de passer en paix les temps à venir ; pour le moment une certaine fragilité les mine. Il suffirait d’une bête épidémie de grippe – tenace – pour annihiler tout espoir, avec la nouvelle génération. Cette dernière est en cours de gestation, comptez dessus. La protection de si hautes autorités et leur nouvelle réputation évitent que des conflits menacent les Ichiro, plus qu’ils ne sont déjà.
L’avenir de cette maigre Maison est des plus prometteurs. Mais il reste cependant deux interrogations qui restent sans réponse : où sont les messagers du seigneur Ichiro décédé ? Il nous sera très difficile d’éclairer ce mystère. L’époque était trop troublée pour que subsiste ne serait-ce qu’une piste. Ensuite, puisque nous sommes au chapitre des étrangetés, demandons-nous où sont passés les héritiers et les épouses du Clan. Personne dans Rokugan n’a de certitude, à ce sujet. Les survivants insistent : ils ont condamné le chemin du retour pour mieux protéger les leurs, le futur de leur Clan, ainsi que le reste de l’Empire. Et pourtant pas de trace de ces gens. Ni dans leur famille d’origine, ni ailleurs. Si des sashimens brisent à nouveau le silence des montagnes, du côté des Ichiro, les mystères de cette disparition et de la réapparition de si nobles guerriers restent entiers.

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MessageSujet: Re: [L5R] campagne lacenaire : les invasions barbares..   Mar 13 Mai - 13:42

De mystères, la Maison Tsuruchi n’en fait guère.
Le Clan de la Guêpe a traversé les épreuves comme on le sait : en soutenant les autorités compétentes. A sa nomination, le Champion d’Emeraude a continué de faire appel à leurs services, ainsi que l’ont fait l’inquisition et des magistrats assermentés par Tsuma. Loin du simple mercenariat, cette entente a permis aux meilleurs archers de Rokugan d’échapper à la vindicte des Clans du Scorpion et du Lion, leurs ennemis « ancestraux ». Leurs flèches et leur bravoure ont servis les meilleures bannières de l’Empire ; qui donc les défierait en s’attaquant à la forteresse du Clan, ou même à ses gens ? L’assise de la Famille Tsuruchi est assurée, depuis cinq ans.
De fait leurs effectifs ont été revus à la hausse. Depuis que la « petite guêpe » a donné sa confiance à trois lieutenants de plus, les entrées dans le Clan sont plus simples. Si le parcours à une intégration est toujours aussi ardu, il y a plus d’officiels pour suivre et encourager les nombreuses demandes. Cet élan n’a pas entamé l’excellence du Clan mineur : Tsuruchi veille toujours à ce que les siens approchent la perfection, ou tendent vers elle. De la centaine de chasseurs de prime, les rangs ont enflé à trois cents têtes. Leurs origines sont variées, et la hiérarchie a vite fait d’intégrer le panel de savoir-faire à ses entraînements. Jamais le Clan ne fut si hétéroclite et capable. Certains Toritaka, anciennement du Clan du Faucon, les ont rejoints – avec eux leurs connaissances des spectres et de l’Outremonde. Ou encore des shugenja rônins, spécialisés principalement dans l’élément de l’Air ; si leurs prouesses à l’arc sont parfois discutables, ils portent plus haut et plus loin les traits de leurs collègues. Ainsi a-t-on vu des Kitsuki, du Clan du Dragon, s’installer plus ou moins définitivement à Shiro Tsuruchi. Il faut également noter une vague hémorragie de Shinjo et de Seppun, toutes et tous âgés, préférant à la retraite un service plus actif.
Pas étonnant, donc, que des institutions comme l’inquisition et la magistrature d’émeraude fassent de plus en plus appel au Clan de la Guêpe ; Tsuruchi profite allégrement, bien que du bout des doigts, de cet afflux d’influence. Plutôt que de récolter des fonds (il préfère pour cela louer ses services à des magistrats claniques), la « petite guêpe » consolide la réputation de son Clan : fiabilité, maîtrise et discrétion. Puisque ses cibles sont corrompues, métaphysiquement ou non, les méthodes lui importent peu. Tant que la cible est nettoyée, les expédients n’ont aucune importance. Cette seule pensée, auparavant feutrée, consciente mais muette, est une avancée notable. Si aucun grand seigneur ne dira publiquement avoir eu recours à la discrétion, à l’art du meurtre des Tsuruchi, certains vassaux ne s’en privent pas. Et personne ne remet en doute leur honneur, ni celui de leur Famille et Clan. A croire que le Clan de la Guêpe est devenu un rouage à part entière, une sorte de mal nécessaire et très passager, de la machine impériale. Faisons un bilan, plutôt que d’ergoter sans fin. Deux cellules de maho tsukai mises à jour et purgées ; plus d’un millier de criminels de sang rattrapés et exécutés ; au moins deux fois plus de bandits remis à la justice ; sans compter les victimes du Clan de la Guêpe, durant la guerre menée par « l’invisible » de Ryoko Owari Toshi. Et il ne s’agit là que des victoires documentées et répertoriées. Certains archers de le Maison Tsuruchi sont en perpétuelle vadrouille, et ne rendent de compte qu’à eux-mêmes. Ce sont les yeux et les oreilles de la « petite guêpe », des hommes-liges intègres, qui reportent dès que possible leurs découvertes aux autorités locales. Leur contribution est inestimable. Voilà le savoir-faire du Clan de la Guêpe : son imprévisibilité, qu’il manie d’une main sûre – puisque son adaptabilité n’est plus à prouver.
Mais qu’en est-il de son économie, de ses terres ? Si Tsuruchi est loin d’être pauvre, grâce au coût exorbitant de ses services, il ne dispose que de quelques rizières, d’un ou deux troupeaux. Il doit sa survie à la réputation des siens. Tant que les soutiens de Tsuma, de l’inquisition, du Champion d’Emeraude et du Shogun lui seront acquis, il n’aura rien à craindre. Ni pour l’écuelle de ses vassaux, ni pour sa position délicate, entre les Clans du Lion et du Scorpion. Si ses greniers se vidaient, aussitôt les fauves et les empoisonneurs libres de lui nuire, l’affaire serait tout autre. Le Clan pourrait tenir un siège, certes, mais de courte durée. Voyez à quoi tient la survie du Clan : aux faveurs de plus puissants qu’eux. Cette seule vérité explique le souci de perfection du seigneur Tsuruchi, sa pensée et ses méthodes.

Et me permet également de conclure sur un exemple nécessaire : les Clans mineurs ont effectivement une place peu enviable, dans l’Empire. La plupart ne vivent qu’à la grâce de plus puissants qu’eux. Rien pour le moment ne nous indique que cette situation pourrait évoluer. Il faut toutefois signaler ô combien le destin est traître et tortueux. N’a-t-on pas vu un Clan du Blaireau égaler les Maisons majeurs en faits d’armes et de bravoures ? Les Ichiro se sont assurés une place de choix, par leur sacrifice. Ainsi ont également agis les Moshi, en abandonnant leur seule héritière au trône impérial. Et les Tsuruchi, dont le nom est plus souvent prononcé que sous la dynastie Hantei. Un vent nouveau souffle sur les Clans mineurs, Messires. Quelle sera sa portée, quelles idées neuves porte-t-il ? L’avenir reste un mystère insondable, pour les sabreurs de ma trempe. Mais j’espère avoir éclairé ces recoins les plus feutrés de tout Rokugan, et en avoir dressé un portrait fidèle.

Fidèle à Rokugan,

Yotsu Hakuseki

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